Le Collectif MAPS

 

Alternatives Humanitaires creuse le sillon de sa coopération avec les photographes. Parce que la sensibilité qui transparaît dans le travail déjà réalisé par les 12  photographes de MAPS fait écho à la préoccupation fondamentale des travailleurs humanitaires – voir le monde tel qu’il est  –, nous vous présentons ici quelques-unes de leurs photographies.

Nouveau venu dans le milieu  il a été lancé en septembre  2017 – , le collectif MAPS propose de nouvelles approches de la narration pour traiter de l’environnement et des sociétés en mutation dans le monde entier. Il rassemble des photographes et des créateurs dans le but de monter des projets originaux qui explorent la vie quotidienne. Au cœur de cette initiative, on retrouve des projets collectifs qui insufflent une plus grande conscience, et qui servent l’intérêt général, la connaissance et la sensibilisation.

La structure est un laboratoire de création qui combine les atouts d’une agence photo et les forces d’un collectif. Elle valorise toutes sortes d’expressions photographiques. Uni par des préoccupations communes au sujet de notre planète, le collectif MAPS réunit des domaines de compétence divers et multidisciplinaires afin d’engager un dialogue et d’explorer de nouvelles limites et collaborations à caractère interdisciplinaire.

MAPS, dont les membres sont établis aux quatre coins du monde, se compose actuellement de :

  • photographes internationaux aux horizons et intérêts divers, apportant chacun une expression photographique singulière ;
  • professionnels créatifs et expérimentés, experts dans divers domaines comme la conservation, l’édition, la communication, l’éducation, la vente, le design et la gestion ;
  • collaborateurs invités dynamiques, qui ajoutent une touche alternative, créative et stratégique aux projets : journalistes, artistes, spécialistes numériques, etc.

www.mapsimages.com

Contact: degroux@mapsimages.com

 

 © Alessandro Penso/MAPS

European Dream / Rêve européen

Lesbos, Grèce 2015.

Une mère et son enfant sont recouverts d’une couverture de survie après être descendus de bateau sur la plage de Kayia, au nord de l’île grecque de Lesbos.

Selon le HCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), environ 850 000 réfugiés et migrants, parmi lesquels des enfants, sont arrivés en Grèce par la mer en 2015. Parmi eux, un peu plus de 500 000 sont arrivés à Lesbos, une île grecque située à environ huit milles nautiques des côtes turques. Bien que située au cœur des flux migratoires, Lesbos n’avait rien à offrir aux réfugiés, demandeurs d’asile et migrants ; elle ne représentait que le début d’un nouveau parcours périlleux.

 

 © Cédric Gerbehaye/MAPS

Maqbooza Kashmir / Cachemire occupé

État de Jammu-et-Cachemire 2017.

Des membres de la famille pleurent Mohammad Dagga qui a été tué par un jet de pierres de manifestants tandis qu’il avait été obligé par l’armée indienne de transporter l’urne le jour des élections. Environ 70 000 personnes ont été tuées au Cachemire depuis le début de l’insurrection séparatiste en 1989. Une nouvelle vague d’insurrection violente secoue maintenant la région en réponse à la répression systématique de l’armée indienne. Six-cent mille soldats sont aujourd’hui déployés dans cette région de 12 millions d’habitants. Les rebelles cachemiris sont entrés dans la spirale de la violence. Le 8 juillet 2017 la mort de Burhan Wani, rebelle charismatique, n’a fait qu’aggraver la situation. Beaucoup de jeunes gens se tournent maintenant vers l’islam radical.

 

© Christian Lutz/MAPS

Tropical Gift / Cadeau tropical

Nigeria 2010.

Cet essai photographique capture le monde fermé de l’industrie pétrolière et gazière du Nigeria. Il exprime le malaise vécu par une société civile qui endure les conséquences de ces intérêts financiers particulièrement lucratifs. Le résultat est un constat amer qui met en évidence les relations de pouvoir inégales entre dominants et dominés – un tableau sombre montrant comment les ressources minérales très abondantes de l’Afrique sont exploitées.

Il documente ces relations sous deux angles. D’un côté, les hommes d’affaires expatriés de la capitale Abuja , dans leur vie privée, au travail et dans le cadre de négociations avec des employés de l’État nigérian. D’autre part, la pollution locale dans le delta du Niger, où se trouvent les ressources en hydrocarbures.

  © Dominique Nahr/MAPS

Fractured State / État fracturé

Leer, Soudan du Sud – 2015.

Des milliers de Sud-Soudanais de la région voisine attendent en file indienne une distribution prévue à Leer, ville par ailleurs vide et détruite de l’État d’Unité. Au cours des 24 derniers mois de conflit, l’État d’Unité a été la cible de l’essentiel des combats. En avril 2015, après une escalade des combats dans l’État d’Unité, des milliers de civils ont été forcés de fuir vers la brousse, les marais ou de se placer sous la protection de l’ONU.

 

© Gaël Turine/MAPS

The wall and the fear / Le mur et la peur

Bangladesh août  2012.

Une ligne ferroviaire longe la frontière avec l’Inde sur quelques kilomètres et s’arrête à deux reprises dans des villes frontalières. Un passager est venu rencontrer un contact local pour emporter des produits indiens (vêtements, jouets, médicaments, lunettes de soleil, épices, etc.) à bord du train. Il les vendra ensuite sur le marché d’une autre ville. Il doit faire très attention aux gardes-frontières du Bangladesh (Border Guards Bangladesh, BGB) qui arrêtent et passent à tabac tous les individus considérés comme des trafiquants.

Le mur de séparation entre l’Inde et le Bangladesh est placé sous haute surveillance. Officiellement, l’Inde justifie cela par la protection contre les infiltrations de terroristes islamistes et l’endiguement de l’immigration issue du Bangladesh. Le nombre d’arrestations, de victimes de tortures et de morts a fait de cette frontière l’une des plus dangereuses au monde. Malgré les plaintes des familles des victimes, les crimes perpétrés restent la plupart du temps impunis.

© Hannah Reyes Morales/MAPS

The drug war / La guerre contre la drogue

Manille, Philippines 2016.

Des hommes dorment à même le sol dans une prison surpeuplée de Quezon City (Grand Manille) aux Philippines, le 14  décembre 2016. Alors que de plus en plus d’hommes sont arrêtés pour usage de drogues dans le cadre de la « guerre contre la drogue » menée par le président de la République Rodrigo Duterte, les prisons deviennent encombrées ; les amis et les familles des détenus racontent que les hommes refusent les permissions de sortie, car ils craignent d’être tués par la police.

Duterte a été fortement critiqué par les organisations de défense des droits de l’Homme pour sa « guerre contre la drogue » qui a coûté la vie à des milliers de personnes depuis son arrivée au pouvoir. Toutefois, sa cote de popularité reste bonne auprès de la majorité des Philippins, notamment parmi les pauvres et la classe ouvrière.

 

© John Trotter/MAPS

No Agua, No Vida / Sans eau, pas de vie

Fleuve Colorado, États-Unis et Mexique 2014.

Militant écologiste au niveau local, Juan Butrón fait semblant de boire l’eau de ce canal asséché du fleuve Colorado tandis qu’il est à la recherche de la principale manifestation du débit du cours d’eau qui s’écoule lentement depuis Morelos Dam, un réservoir situé quelques kilomètres en amont. Du fait de son altération radicale par l’activité humaine, le fleuve Colorado a fortement diminué de volume comparé à ce qu’il était auparavant.

© John Vink/MAPS

Women at the forefront of resistance / Femmes en première ligne de la résistance

Phnom Penh, Cambodge  2013.

Mobilisées autour des problèmes relatifs aux droits fonciers et aux expulsions, quelques femmes directement concernées par l’injustice qui leur a été faite s’opposent aux autorités depuis plus de dix ans. Prenant la parole inlassablement, ces femmes ordinaires descendent dans la rue des douzaines de fois pour manifester et affronter les forces de police, sans jamais abandonner leur lutte pour obtenir justice.

 

© Justyna Mielnikiewicz/MAPS

A Ukraine runs through it / Une Ukraine la traverse

Dnipropetrovsk [actuelle Dnipro], Ukraine 2014.

Deux sœurs roms, Ruslana et Milana, se promènent le long du fleuve Dniepr en fin de journée. Il y a quelques jours, leur famille a été attaquée par un homme masqué et armé à Sloviansk, un bastion séparatiste. Ici, à Dnipropetrovsk, dans le centre de l’Ukraine, ces filles se sentent plus en sécurité. Le fleuve Dniepr est une ligne de référence symbolique par rapport à l’actuelle séparation du pays. Elle parle des réalités de tout le pays et montre le contexte politique, historique et géographique dans son ensemble.

© Massimo Berruti/MAPS

Drops of water / Gouttes d’eau

Gaza, Beit Hanoun 2015

Une fille et son jeune frère cherchent de l’eau potable auprès du point de distribution le plus proche. L’eau, la ressource la plus vitale, devient de plus en plus rare. Malgré l’aide de la communauté internationale, une grande partie de la population reste privée d’eau potable. Des systèmes vieillots de distribution d’eau et des installations électriques vieillissantes ont été encore davantage endommagés par le conflit qui perdure. La destruction d’une partie des égouts a entraîné la contamination de l’eau potable. Ce problème de l’eau devient de plus en plus inquiétant et pourrait se transformer, dans un proche avenir, en un facteur supplémentaire de conflit.

© Matthieu Gafsou/MAPS

Only God can judge me / Seul Dieu peut me juger

Lausanne, Suisse   2014.

Cette immersion dans l’univers de la drogue à Lausanne documente la vie des toxicomanes. Les portraits dignes de drogués de longue date, avec leurs visages anguleux, personnalisent de manière émouvante un problème social.

De gros plans documentaires de paquets de drogues, d’accessoires divers, de pièces aseptisées de consommation de drogue ou de caméras de surveillance donnent une impression directe du combat quotidien des toxicomanes pour la survie. Par contraste, les photos poétiques de leurs lieux de loisirs nocturnes permettent à ceux qui les regardent de deviner les côtés désirables de la consommation de telles substances.

© Matthieu Gafsou/MAPS

Uncut / Non coupées

Somaliland, Kenya et Éthiopie  – 2015.

Pour plus de 200 millions de femmes dans le monde entier, le passage de l’enfance à l’âge adulte est marqué par le sang des mutilations génitales féminines (MGF).

Certaines femmes se réunissent en coalition pour éradiquer cette pratique destructrice et paient souvent le prix fort pour avoir le courage de s’exprimer au sein de sociétés patriarcales. Il s’agit d’une histoire collective, qui tisse un récit à partir de plusieurs histoires douloureuses, de hautes luttes pour les droits des femmes et, dans beaucoup de cas, de réussite et d’autonomisation.

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ISBN de l’article (HTML): 978-2-37704-346-0

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