Les gangs peuvent-ils jouer un rôle dans l’aide ?

Diego R. Fernandez Otegui • PhD student in Disaster Science and Management (University of Delaware)

D. R. F. Otegui

La thèse est osée, mais dans le contexte extrême d’urbanisation et de violence que connaît l’Amérique latine, elle mérite d’être posée. Dans cet article, l’auteur examine en effet dans quelle mesure les gangs pourraient jouer un rôle dans l’aide aux populations. Plus questionnant qu’affirmatif, Diego Otegui en appelle surtout à dépasser les visions simplistes et à développer la recherche en la matière.

En Amérique latine, la vie urbaine s’étend aussi bien en termes d’ampleur que de complexité. Entre 1950 et  2010, le taux de citadins est passé de 30 à 85 % et l’on s’attend, d’ici 2050, à ce que 90 % des habitants de la région vivent en zone urbaine(1)World Economic Forum, “Latin America’s cities are ready to take off. But their infrastructure is failing them”, 7 June 2018, https://www.weforum.org/agenda/2018/06/latin-america-cities-urbanization-infrastructure-failing-robert-muggah. De ce fait, les villes font face à un développement fulgurant de l’habitat informel, à une absence de projets d’aménagements urbains et à une nette diminution du niveau de vie. Des millions de nouveaux habitants sont ainsi privés des services de base les plus élémentaires. Cette marginalisation extrême côtoie une richesse tout aussi extrême, dans un contexte politique souvent marqué par de dangereux soubresauts, ainsi qu’à des formes alternatives de gouvernance urbaine(2)Elena Lucchi, Les interventions humanitaires dans les situations de violence urbaine, Enseignements d’ALNAP, ALNAP/ODI, 2013, https://www.alnap.org/system/files/content/resource/files/main/alnap-lessons-paper-fr-web.pdf incarnées par les gangs. L’Amérique latine est ainsi devenue la région la plus violente du monde: alors qu’elle ne représente que 8 % de la population mondiale, 33 % des homicides y sont commis(3)“Latin America is the world’s most violent region. A new report investigates why”, The Washington Post, 25 April 2018., dont 30 % sont liés à la violence des gangs(4)Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Étude mondiale sur l’homicide 2013: tendances, contextes, données, 2014..

Une représentation trop simpliste

À ses débuts, une partie de la littérature sur les gangs décrivait une corrélation étroite entre immigration et hausse du taux de criminalité. Selon cette approche, les gangs pouvaient constituer la destination finale des immigrés(5)Holly Ventura Miller and Anthony Peguero, Routledge Handbook on Immigration and Crime, Routledge, 2018., dans la mesure où les migrants – notamment les jeunes – traversent à la fois des crises identitaires et une remise en cause de leurs valeurs et pratiques culturelles. Rallier un gang est ainsi considéré comme une stratégie de survie grâce à laquelle, « plutôt que de rester désorientés dans un milieu en marge, en proie à la confusion et la colère, ils se reconstituent une subculture et une identité grâce à des morceaux épars de leur passé combinés avec le présent, le tout étant soumis à l’agitation des dynamiques à l’œuvre, au sein d’une rude réalité urbaine(6)James Diego Vigil, “Urban Violence and Street Gangs”, Annual Review of Anthropology, 2003, 32, p.225-230. » [notre traduction]. Les gangs se nourrissent du désespoir et des esprits tourmentés de ceux qui se sentent invisibles aux yeux de la société et puisent en eux des complices fidèles en nombre. Ils procurent à ces derniers un sentiment d’appartenance, des voies alternatives pour subvenir aux besoins de leur famille, ainsi qu’un réseau protecteur sur lequel s’appuyer.

Aussi fort que puisse être le sentiment d’appartenance au cœur de la vie d’un gang, il n’en reste pas moins que pour survivre dans cet environnement, leurs membres développent des stratégies d’adaptation uniques, par exemple en adoptant un comportement loco, dit « de fou ». Par cette façon de se faire passer pour des « dérangés » ou de se comporter de façon imprévisible, ils adoptent une attitude et une mentalité psychosociale qui leur permettent d’affronter le quotidien, ceci étant « devenu un prérequis à tout espoir de survie dans la rue ainsi qu’une norme comportementale participant à la fois du processus d’identification et d’imitation(7)Ibid., p.236. » [notre traduction]. Malheureusement, cela conduit une grande partie d’entre eux à se retrouver mêlés à des activités que l’on pourrait facilement qualifier d’illégales ou de déviantes.

À l’instar de tout autre phénomène social complexe, les gangs ont évolué avec le temps. Si, dans les années 1960, les travaux de recherche ne démontraient pas un haut degré de hiérarchisation structurelle(8)Malcolm W. Klein and Lois Y. Crawford, “Groups, Gangs, and Cohesiveness”, Journal of Research in Crime and Delinquency. vol.4, n°1, 1967, p.63-75 ; G. Suttles, Social Order of the Slum, Chicago University Press, 1968., la situation a changé au cours des dernières décennies à mesure que le comportement et la structure des gangs sont devenus de plus en plus similaires à ceux d’organisations criminelles plus complexes, et ce, en raison notamment de leur implication dans le trafic de drogue(9)Cheryl L. Maxson, “Gang homicide”, in Dwayne Smith and Margaret Zahn (ed.), Studying and Preventing Homicide, Thousand Oaks, Calif., Sage, 1998, p.197-219.. Cette structure hiérarchique a contribué à l’évolution de leur rôle au sein des communautés, où ils représentent de plus en plus les intérêts de différents groupes(10)Robert A. Stallings and Enrico L. Quarantelli, “Emergent citizen groups and emergency management”, Public Administration Review, vol.45, 1985, p.93-100.. Par conséquent, « tout travail d’un acteur humanitaire dans un quartier (de ville ou de prison) contrôlé par un gang sera soumis à discussion ou autorisation du gang, qu’on en soit conscient ou pas. Cet accord doit être donné par un ou plusieurs leaders à un niveau de commandement idoine(11)Olivier Bangerter, “Territorial gangs and their consequences for humanitarian players”, International Review of the Red Cross, 2010, vol.92, n°878, 2010, p.387-406, p.400. ».

Le leadership violent des gangs, désormais bien connu, a un effet dissuasif sur les humanitaires. La théorie et la pratique liées à leur profession les incitent à établir des liens solides et à se coordonner avec les groupes locaux, stratégie présentée comme la meilleure pour venir en aide à ceux qui en ont besoin. Mais travailler aux côtés de gangs est perçu comme une activité dangereuse. Il n’est pas évident d’entrer dans un univers inconnu où les risques sont élevés de ne pas ressortir indemne. Et le comportement violent et illégal des gangs a souvent pour corollaire le présupposé que leur intérêt dans le bien-être de la communauté où ils vivent est entaché de la tentative présumée – et très probablement réelle – de contrôler le pouvoir et de recevoir les bénéfices de la gestion de la distribution de l’aide.

Mais cette représentation est bien trop simpliste. Le fait que l’action humanitaire a le plus souvent pour théâtre des situations de conflit a probablement contribué à promouvoir une vision partiale des choses, en mettant deux parties ou plus face à face. En découle une représentation idéalisée et incomplète des gangs, selon laquelle leurs membres sont en quelque sorte épargnés par la crise et deviennent les intermédiaires avec lesquels la distribution de l’aide doit être négociée. On pense ainsi que le rôle qu’ils jouent au sein de leur communauté avant la crise, se transpose à l’échelle des négociations humanitaires, ce qui complique le déroulement des opérations et engendre des réticences à faire des gangs des membres actifs de la communauté humanitaire ; l’aide aux populations vulnérables pâtit de cette approche.

Les gangs au service des autres

Les universitaires ont fermement soutenu qu’au lendemain d’une crise, un fort sentiment de solidarité émerge au sein d’une population, se traduisant par une attitude d’entraide(12)Russell R. Dynes and Enrico L. Quarantelli, Helping behavior in large scale disasters: A social organizational approach, Newark, Del., Disaster Research Center, 1980 ; Sally Leivesley, “Toowoomba: victims and helpers in an Australian hailstorm disaster”, Disasters, vol.1, n°3, 1977, p.205-216.. Mais en la présence de gangs, il est difficile pour les secouristes d’ignorer ou de nier les comportements déviants. Les humanitaires se concentrent généralement sur les besoins considérés comme indérogeables, tels que la réhabilitation d’infrastructures médicales ou l’approvisionnement en nourriture ou en abris, tandis qu’ils pensent que la priorité pour les gangs est de veiller à l’approvisionnement en drogues illicites, d’accroître leur pouvoir en éliminant leurs rivaux et d’empêcher l’entrée des forces de l’ordre dans certains territoires. Cette vision occulte le fait que certains groupes peuvent être mus par des intérêts différents, même si la question de la transposition du comportement et des motivations des gangs dans les périodes post-crise n’a pas été corroborée par les travaux de recherche.

Mais l’essentiel n’est pas tant de savoir comment interagir avec les membres des gangs que de saisir les liens profonds, étroits et imbriqués qu’ils entretiennent avec les terrains où ils opèrent et les populations qui s’y trouvent. Lors de ce qui fut l’une des premières tentatives de théorisation scientifique des comportements de groupes en situation post-crise, Dynes a développé, dans les années 1970, le modèle dit emergence model, qui peut nous aider à réévaluer le rôle que peuvent jouer les gangs dans la distribution de l’aide. Les quatre types de sa classification résultent de l’intersection de deux variables, à savoir la nature des interventions d’aide menées par les organisations, et leur structure. Le type I désigne les organisations dotées d’une mission d’urgence et dites « établies », telles que la police, les pompiers et les organisations humanitaires locales et internationales. Le type II est constitué des organisations dites expanding, telles que l’Armée du Salut ou les délégations de la Croix-Rouge, dont les activités classiques ne sont pas directement ou exclusivement liées à l’urgence, mais qui disposent d’une fonction d’urgence latente. Le type III, désigné par le terme extending, concerne les organisations déjà existantes au sein d’une communauté, jouissant d’un certain caractère formel et dont les activités principales ne sont pas liées à la réponse humanitaire, mais qui sont amenées à accomplir des tâches d’urgence au lendemain d’une catastrophe. Le type IV, dit emergent, regroupe celles qui, ne disposant d’aucun caractère formel ni de structure organisationnelle, ont le niveau de capacités et d’expertise le plus faible. La catégorie extendingnous permet d’examiner la façon dont les structures sociales préexistantes (y compris celles des gangs) peuvent être mises intentionnellement au service des victimes, en nous forçant à reconnaître les multiples façons dont les gangs adaptent leurs activités dans un but de réponse humanitaire. Les gangs diffèrent des autres groupes par leurs méthodes et leurs objectifs globaux, mais ils partagent avec les organisations dites extending, certaines de leurs caractéristiques principales.

L’estimation préconçue de ce que les gangs sont susceptibles de faire pendant une crise humanitaire, de la manière dont ils pourraient le faire et pourquoi, constitue un prisme puissant. Il empêche les humanitaires de saisir le rôle crucial des gangs, dès lors qu’il s’agit de protéger leurs membres et ceux qu’ils côtoient au quotidien, y compris les habitants les plus pauvres et les plus vulnérables. Mais les humanitaires ne devraient pas se laisser leurrer par la violence et le caractère « marginal » qui caractérisent les gangs. Malgré leur implication dans des activités illégales ou déviantes, on a constaté que ces organisations se soucient du bien-être des populations locales avec lesquelles elles vivent(13)Kathleen J. Tierney, Michael K. Lindell and Ronald W. Perry, Facing the unexpected disaster preparedness and response in the United States, Washington, D.C., Joseph Henry Press, 2001.. Les membres de ces communautés, ce sont les amis, les proches, les clients, les fournisseurs, ou encore les dirigeants des écoles où les membres des gangs envoient leurs enfants. De plus, dans la mesure où ils fournissent des ressources et un certain sentiment de sécurité qui fait défaut du côté des pouvoirs publics, les membres des gangs jouissent généralement d’un haut degré de soutien de la part des populations. Ainsi, les gangs ne font pas que coexister avec les communautés : ils sont les communautés. Ils se fondent en un organisme vivant et unique extrêmement puissant. Et les membres de ces écosystèmes urbains partagent de fortes valeurs et conceptions de l’existence, qui sont grandement incompatibles avec celles de sociétés plus traditionnelles et dominantes. La théorie de la subculture de la violence « postule que ce sont les systèmes de normes comportementales des groupes qui appuient, encouragent et laissent se produire la violence(14)James Diego Vigil, “Urban Violence…”, art. cit., p. 228. » [notre traduction]. Elle propose que l’action dépende de la compréhension qu’ont les individus du bien et du mal, cette compréhension étant certainement différente dans le cas des gangs, de même que la valeur qu’ils assignent à l’État de droit.

Cette approche bien différente nous invite à envisager la distribution de l’aide autrement. Elle poursuit le fil du raisonnement offert par les pistes de recherche alternatives, selon lequel la violence généralisée ne devrait pas être imputée de façon si catégorique(15)Cordula Strocka, “Youth gangs in Latin America”, SAIS Review of International Affairs, vol.26, n°2, 2006. aux gangs – un peu vite considérés comme l’« ennemi tout trouvé(16)Joe Cottrell-Boyce, “Ending Gang and Youth Violence: A Critique”, Youth Justice, vol.13, n°3, 2013, p.193-206. » –, dans la mesure où les causes plus complexes de la violence s’en trouvent occultées. Selon ce raisonnement, le gang n’est pas distinct de la communauté, mais constitue plutôt un acteur valable et légitime préexistant à l’épisode de crise, destiné à mettre sa structure au service de la communauté, sous quelque forme qu’il décide de la définir.

Le risque de légitimer les gangs ?

En dépit de l’accueil important que l’emergence modela reçu par le passé, celui-ci n’a jamais été étudié dans le contexte spécifique des bidonvilles,  comme ceux que l’on trouve dans la plupart des pays d’Amérique latine. Par ailleurs, la littérature a été encline à se focaliser quasi exclusivement sur les organisations jouissant d’un certain caractère formel et mues par des valeurs et principes jugés bénéfiques pour les couches sociales les plus traditionnelles. De plus, la description habituelle des gangs génère, sans le vouloir, des idées préconçues dans la recherche dédiée à l’action humanitaire, en échouant à prendre en compte le rôle crucial joué par nombre de structures sociales qui, par définition, opèrent hors du cadre de la loi. La manière dont les gangs s’adaptent aux contextes de crise humanitaires et dont ils adaptent leurs règles afin d’interagir avec leur environnement méritent d’être analysés.

Les travaux de recherche anciens sont remis en cause par une part de plus de plus importante de la littérature(17)Holly Ventura Miller and Anthony Peguero, Routledge Handbook…, op.cit., qui considère que les gangs ne sont rien de plus qu’un espace social au sein duquel les membres d’une population vulnérable interagissent dans un but commun. Si cela était confirmé, il se pourrait bien que l’on ait sous-estimé l’intérêt des gangs à prendre part à la distribution de l’aide.

Certes, les considérer comme des membres actifs de la communauté humanitaire est susceptible de leur conférer un niveau de légitimité qui, dans certaines circonstances, pourrait s’avérer risqué. Mais les gangs se distinguent généralement des autres groupes du fait qu’ils n’ont pas d’agenda politique. Et cela est crucial dans la mesure où leur légitimité pourrait ensuite être utilisée comme un moyen de conférer un rôle plus positif à leurs membres au sein de la société. Mais pour cela, des travaux de recherche supplémentaires sont nécessaires. À tout le moins, l’incapacité à prendre en compte de telles structures, ainsi que la place prépondérante qu’elles occupent en Amérique latine, limite inéluctablement la portée de nos stratégies d’intervention auprès des populations vulnérables.

Traduit de l’anglais par Catherine François

Biographie• Diego R. Fernandez Otegui

Né en Argentine, spécialisé en économie, il est détenteur de trois diplômes universitaires (communication sociale, gestion des organisations à but non lucratif et master en études stratégiques). Diego termine actuellement son doctorat en Sciences et gestion des catastrophes à l’Université du Delaware. Doté d’une expérience de plus de vingt-cinq ans dans l’humanitaire, il a pris part à des missions dans plusieurs pays, auprès de l’Administration transitoire des Nations unies au Timor oriental ou comme coordinateur administratif avec Action contre la Faim, en République démocratique du Congo. Il est le fondateur et directeur général de l’Imara International Humanitarian Group (Imara-IHG) et figure parmi les membres du bureau de l’International Humanitarian Studies Association (IHSA).

 

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ISBN de l’article (HTML): 978-2-37704-492-4

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1. World Economic Forum, “Latin America’s cities are ready to take off. But their infrastructure is failing them”, 7 June 2018, https://www.weforum.org/agenda/2018/06/latin-america-cities-urbanization-infrastructure-failing-robert-muggah
2. Elena Lucchi, Les interventions humanitaires dans les situations de violence urbaine, Enseignements d’ALNAP, ALNAP/ODI, 2013, https://www.alnap.org/system/files/content/resource/files/main/alnap-lessons-paper-fr-web.pdf
3. “Latin America is the world’s most violent region. A new report investigates why”, The Washington Post, 25 April 2018.
4. Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Étude mondiale sur l’homicide 2013: tendances, contextes, données, 2014.
5. Holly Ventura Miller and Anthony Peguero, Routledge Handbook on Immigration and Crime, Routledge, 2018.
6. James Diego Vigil, “Urban Violence and Street Gangs”, Annual Review of Anthropology, 2003, 32, p.225-230.
7. Ibid., p.236.
8. Malcolm W. Klein and Lois Y. Crawford, “Groups, Gangs, and Cohesiveness”, Journal of Research in Crime and Delinquency. vol.4, n°1, 1967, p.63-75 ; G. Suttles, Social Order of the Slum, Chicago University Press, 1968.
9. Cheryl L. Maxson, “Gang homicide”, in Dwayne Smith and Margaret Zahn (ed.), Studying and Preventing Homicide, Thousand Oaks, Calif., Sage, 1998, p.197-219.
10. Robert A. Stallings and Enrico L. Quarantelli, “Emergent citizen groups and emergency management”, Public Administration Review, vol.45, 1985, p.93-100.
11. Olivier Bangerter, “Territorial gangs and their consequences for humanitarian players”, International Review of the Red Cross, 2010, vol.92, n°878, 2010, p.387-406, p.400.
12. Russell R. Dynes and Enrico L. Quarantelli, Helping behavior in large scale disasters: A social organizational approach, Newark, Del., Disaster Research Center, 1980 ; Sally Leivesley, “Toowoomba: victims and helpers in an Australian hailstorm disaster”, Disasters, vol.1, n°3, 1977, p.205-216.
13. Kathleen J. Tierney, Michael K. Lindell and Ronald W. Perry, Facing the unexpected disaster preparedness and response in the United States, Washington, D.C., Joseph Henry Press, 2001.
14. James Diego Vigil, “Urban Violence…”, art. cit., p. 228.
15. Cordula Strocka, “Youth gangs in Latin America”, SAIS Review of International Affairs, vol.26, n°2, 2006.
16. Joe Cottrell-Boyce, “Ending Gang and Youth Violence: A Critique”, Youth Justice, vol.13, n°3, 2013, p.193-206.
17. Holly Ventura Miller and Anthony Peguero, Routledge Handbook…, op.cit.