Transition démographique en Méditerranée : entre montée des risques et nécessaire adaptation des pratiques de l’humanitaire

E. Matteudi

Emmanuel Matteudi • Professeur des universités, Université Aix-Marseille

La Méditerranée est au centre de l’attention humanitaire pour être le lieu de migrations mortelles, presque un cimetière dont les ONG ne cessent de dénoncer l’ignominie. Mais elle est aussi le berceau d’une civilisation et de populations qui, sur ses berges, devront faire face aux enjeux de la transition démographique.

Depuis les écrits de William Petty (1682), puis de Thomas Malthus (1798), l’augmentation de la population mondiale ne cesse d’alimenter les craintes de tous ordres : celle de ne pas réussir à vivre de nos productions agricoles et de voir la famine exploser, celle de voir notre monde disparaître par épuisement des ressources, celle d’amplifier les désordres politiques entre nations, etc. Ces peurs connaissent même en ce moment un certain renouveau avec le réchauffement climatique. Ainsi, des organismes reconnus comme le Fonds mondial pour la nature (WWF), Population Matters ou le Worldwatch Institute, n’hésitent pas à agiter le chiffon rouge de l’explosion démographique dans certains pays en développement, notamment en Afrique subsaharienne (2,1 milliards de personnes en 2050 et 3,7 milliards en 2100(1)United Nations, Department of Economic and Social Affairs, “World Population Prospects 2019 Highlights”, 2019, https://population.un.org/wpp/Publications/Files/WPP2019_Highlights.pdf) afin de dire leur inquiétude vis-à-vis de notre avenir commun.

Plus de 300 ans se sont ainsi écoulés depuis que les premières craintes existent, avec une planète qui a vu sa population multipliée par sept depuis le début du XIXe siècle, balayant d’un revers de main les seuils, sans cesse réévalués, du niveau maximal de population. Assurément, le monde ne cesse de se peupler, les inégalités de se creuser, les risques et les crises de se transformer. À ce jour, l’imparfaite transition démographique(2)La « transition démographique » désigne « le passage d’un régime traditionnel où la fécondité et la mortalité sont élevées et s’équilibrent à peu près, à un régime où la natalité et la mortalité sont faibles et s’équilibrent également » (INED : https://www.ined.fr/fr/lexique/transition-demographique). Observée dans la plupart des pays, mais avec des décalages dans le temps, elle a donné naissance à la théorie du même nom qui permet d’imaginer l’évolution de la population mondiale à court, moyen et long terme. aux Suds amplifie sans aucun doute les craintes et les phénomènes observés, mais la lecture de l’augmentation de la population fournit-elle, à elle seule, l’explication de nos difficultés ? Ne doit-elle pas être articulée au modèle de développement qui sévit depuis le XIXe siècle, un modèle qui s’est insuffisamment soucié des limites de nos ressources, mais aussi des inégalités qu’il provoque ou ne réussit pas à résoudre ?

Pour répondre à la question et mesurer les enjeux soulevés par ce que nous indique l’étude des populations, nous nous proposons d’évoquer la région méditerranéenne, au carrefour des enjeux les plus emblématiques des relations entre développement et mal-développement, effets des recompositions économiques, sociales, politiques et démographiques entre pays riches et pays pauvres. Dans un contexte où le paradigme du développement resterait inchangé, l’article s’attache à évoquer les risques encourus par les évolutions démographiques, en lien avec le réchauffement climatique à l’échelle de cette aire géographique, puis suggère des pistes de réflexion pour le monde de l’humanitaire, notamment pour anticiper les évolutions.

Des risques nouveaux pour une région de plus en plus peuplée

Berceau de grandes civilisations qui ont marqué l’histoire de l’humanité, la région méditerranéenne est aujourd’hui particulièrement symbolique de l’évolution des relations nord-sud et des enjeux qui se jouent autour de la problématique du développement, comme du réchauffement climatique. Peuplée de pays riches et anciennement industrialisés dans sa partie nord, qui ont en vis-à-vis des pays encore jeunes et en développement dans ses parties sud et est, elle est devenue le carrefour de problématiques économiques, environnementales, sociales et géopolitiques, au cœur desquelles l’étude de la population offre un éclairage essentiel.

D’abord, elle nous rappelle qu’on a affaire à une région densément peuplée (7 % de la population mondiale pour l’ensemble des 22 pays concernés), avec 150 millions d’habitants sur ses seules régions côtières : une forte concentration de population qu’il nous faut corréler, sans être alarmiste, aux risques qui vont affecter les bords de mer, avec la surélévation prochaine du niveau des eaux, l’érosion des côtes rocheuses, les glissements de terrain, les risques potentiels d’effondrements sous-marins et de tsunamis, comme évoqués dans une multitude de rapports scientifiques(3)Cahier thématique du groupe de travail « Mer et littoral » du GREC-PACA, « La mer et le littoral de Provence-Alpes Côte d’Azur face au changement climatique », AIR, mai 2017. Rapport sur le développement durable de la Méditerranée, Sénat, février 2017, Assemblée nationale. ENERGIES2050 – Institut de la Méditerranée – FEMISE. « Les défis du changement climatique en Méditerranée : la Méditerranée dans le nouvel Agenda climatique international », Guides pour Agir, 2018.. Sans compter ce que suggère la concentration grandissante de populations en milieu urbain qui, en cas de catastrophe, représentent potentiellement de très nombreuses victimes.

Ensuite, elle révèle les dynamiques démographiques repérables par ailleurs à l’échelle planétaire, entre les pays riches et ceux en développement, les pays vieillissants, en décroissance et les autres, encore en pleine explosion. Ainsi la Méditerranée se révèle-t-elle marquée par la fin de la transition démographique au nord, avec un vieillissement généralisé de la population (l’âge médian est de 42,2 ans en 2017) et un taux d’accroissement naturel en baisse conséquente pour la grande majorité des pays, particulièrement les pays du Sud de l’Europe comme l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce, dont le taux de fécondité oscille entre 1,34 et 1,38 enfant par femme(4)Données EUROSTAT, 2018, sur la base des données 2016.. Le taux de renouvellement de la population reste encore globalement élevé, avec une moyenne qui oscille entre 2 enfants par femme en Turquie(5)Seul le Liban a un taux inférieur au seuil de renouvellement, avec 1,7 enfant par femme. et 3,2 enfants en Égypte(6)Données Banque mondiale en ligne 2017.. N’oublions pas non plus l’Afrique subsaharienne, à portée de main, encore en pleine explosion, avec des taux de fécondité globalement très élevés (4,8 enfants par femme en moyenne(7)Même si des nuances importantes existent, notamment entre les deux extrêmes que sont le Cap-Vert (2,3 enfants par femme) et le Niger (7,2 enfants par femme). Données Banque mondiale 2017.). Autant d’éléments qui indiquent des évolutions majeures sur le plan économique, social et géopolitique dont nous reparlerons plus loin.

Enfin, elle est au centre d’un phénomène de première importance, lié en grande partie au conflit syrien et à la situation en Lybie qui, via la Turquie, la Grèce, puis l’Italie et l’Espagne ont provoqué la « crise des migrants » autant qu’ils ont révélé la « crise de l’accueil ». Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et l’OIM (Organisation internationale pour les migrations) estiment que 1,8 million de migrants on atteint les côtes européennes entre 2014 et 2018, dont 1 million pour la seule année 2014(8)« Migrations vers l’Europe, les chiffres et les routes », Le Monde, 28 juin 2018, https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/06/28/migrations-vers-l-europe-les-chiffres-et-les-routes_5322410_3214.htmlFrontex, l’Agence européenne des garde-frontières et garde-côtes créée par l’UE et les pays associés à l’espace Schengen en 2004 estime le nombre d’entrées illégales en Europe à 3,5 millions entre 2009 et 2018.. Si les flux ont singulièrement baissé depuis lors, notamment suite aux accords passés avec la Turquie en 2016, puis la Libye en 2017, la problématique est loin d’être résolue à ce jour. En témoignent les estimations terribles du nombre de morts, noyés, après avoir tenté de traverser la Méditerranée sur des embarcations de fortune : 17 260 morts ou disparus entre 2014 et 2018.

Si certaines des raisons évoquées semblent plus éloignées que d’autres du sujet traité ici, toutes ont cependant pour point commun de caractériser les vulnérabilités et risques encourus par la densification des populations en bordure de mer, quand on sait les risques évoqués plus haut. Certaines ont ensuite pour effet de dire ce qu’il en est des enjeux démographiques entre les rives nord et les rives sud, les différences observées encore à ce jour entre les niveaux de développement, et ce que l’on peut repérer de l’attraction opérée par le nord, et les flux migratoires qui perdurent.

Des perspectives qui amplifient les tendances aujourd’hui repérables

Si l’on observe maintenant la transition démographique, et ce qu’elle nous dit du futur qui nous attend, force est de constater que les tendances suggérées par l’état des lieux présenté ci-dessus iront sans nul doute en s’amplifiant. D’abord, parce que les scénarios élaborés par les Nations unies, qui ne cessent d’être régulièrement réévalués à la hausse depuis 20 ans, tablent sur 11 milliards d’individus à l’échelle de 2100 pour l’ensemble de la planète. Ensuite, parce que le continent africain sera le premier concerné par cette explosion, représentant 25 % de la population totale en 2050, puis 40 % de celle-ci à la fin du siècle(9)United Nations, Department of Economic and Social Affairs, “World Population Prospects…”, op. cit.. Enfin, parce que la Méditerranée va poursuivre, elle aussi, certes dans une moindre mesure, une croissance démographique encore élevée, du fait de l’attractivité qu’elle représente, mais aussi de la transition qui n’est pas encore achevée pour certains des pays situés sur les rives sud et est.

Ainsi, lorsqu’on se penche sur les perspectives, retenons d’abord que les pays de la rive sud représenteront dès 2025 62 % de la population de la région(10)Source : Plan Bleu. Les grandes menaces pesant sur le bassin méditerranéen, les perspectives du Plan bleu à 2025, HL. Thibault., soit un retournement symbolique en un demi-siècle seulement(11)La population des pays de la rive nord représentait 59 % de la population méditerranéenne en 1970., qu’il nous faut analyser à l’aune de deux paramètres : la présence d’une population globalement plus jeune et plus dynamique aux Suds, mais aussi, signe de l’avancée de la transition démographique, une espérance de vie partout plus grande, qui renvoie à l’existence d’une population dont l’âge médian sera partout plus élevé.

Il nous faut également évoquer la poursuite d’une tendance lourde à l’échelle planétaire, celle de l’urbanisation de la population qui, pour la Méditerranée, révélera un peu plus chaque jour un ensemble de caractéristiques indispensables à prendre en compte : la croissance des grandes villes, l’urbanisation encore spontanée et sauvage dans un grand nombre de pays des rives sud et est, et sa concentration sur les littoraux, là où les risques naturels sont les plus importants.

Et puis, il y a un enjeu évoqué plus haut, mais dont les scénarios élaborés indiquent les changements majeurs qu’ils induisent, notamment pour le monde de l’humanitaire : c’est la poursuite des migrations évoquées, avec les déséquilibres qu’elles sont susceptibles de provoquer sur le plan social, économique et politique. Rappelons à ce propos ce que disent A. Missirian et W. Schlenker dans une des rares études portant sur l’impact des changements climatiques sur la migration dans les pays en développement(12)Anouch Missirian, Wolfram Schlenker, “Asylum applications respond to temperature fluctuations”, Science, 358 (6370), 2017. en 2017 : selon le scénario positif d’un réchauffement lent (émissions de gaz à effet de serre en baisse), les demandes d’asile auprès de l’Union européenne pourraient augmenter de 28 % d’ici à 2100 (soit 98 000 demandes d’asile supplémentaires par an). En cas d’augmentation continue des émissions, il faudrait s’attendre au triplement de ce nombre par rapport à aujourd’hui, soit une hausse de 660 000 demandes par an.

Des bouleversements démographiques qui vont faire évoluer les pratiques de l’humanitaire

Assurément, étude des populations et monde de l’humanitaire sont indubitablement liés, notamment pour comprendre les situations et développer des outils permettant d’ajuster au mieux les interventions, mais aussi d’anticiper les risques à venir.

La première livre ainsi au second des informations essentielles sur l’importance numérique et les caractéristiques des populations concernées par les crises qui éclatent, qu’elles soient politiques (conflits), liées à des risques naturels (sécheresses, tremblements de terre, tsunamis, etc.) ou sanitaires (pandémie) : des éléments d’information essentiels pour définir une stratégie d’intervention et le calibrage approprié des moyens à engager auprès des victimes, qu’elles soient sédentarisées ou nomades, jeunes ou âgées, démunies et vulnérables ou stabilisées et protégées en amont comme en aval d’une catastrophe.

La démographie se veut également prospectiviste, en élaborant des scénarios, qui disent ce que sera le monde de demain en nombre d’habitants, d’évolution de l’espérance de vie, de rapports de force potentiels entre les régions du monde : des informations là encore indispensables pour anticiper et réfléchir à la manière de faire évoluer les pratiques du développement comme celles de l’humanitaire.

Sur ce dernier point, qui est au cœur de notre démonstration, l’étude des populations montre bien que les pays riches sont de moins en moins épargnés par les vulnérabilités, les inégalités et les déséquilibres et qu’à ce titre, les humanitaires doivent interroger constamment le tropisme qui les conduit à centrer prioritairement leurs préoccupations sur le seul hémisphère sud.

Les scénarios élaborés par les démographes montrent également que les populations ont et auront, de plus en plus, des caractéristiques qu’elles n’ont pas encore partout, à ce jour : des populations de plus en plus urbanisées au nord comme au sud, qui nécessitent des modes d’intervention, pour partie différents de ceux mis en œuvre en milieu rural. Des populations vieillissantes, au nord surtout, mais dans un certain nombre de pays en développement aussi, qui ont des problématiques autres (on l’a vu avec la catastrophe nucléaire de Fukushima au Japon en 2011) que celles de jeunes, voire de très jeunes populations (comme celles des sécheresses des pays de la corne de l’Afrique la même année) qui nécessitent, au-delà de la nature même de la catastrophe, des modes d’accompagnement qui prennent en compte la fragilité spécifique des personnes âgées… Une tendance nouvelle pour un monde de l’humanitaire surtout habitué à intervenir dans des pays « pauvres » et « jeunes ».

Des milieux enfin, frappés par des vulnérabilités nouvelles, dans des contextes pas forcément et pas totalement démunis de ressources et de compétences, qui obligent à ajuster autrement les modes d’intervention et les pratiques, en s’appuyant sur les acteurs locaux et la possibilité de les voir prendre le relais des interventions.

Tout montre que l’étude des populations et leurs évolutions doivent être systématiquement corrélées à ce que le réchauffement climatique indique à son tour des risques à venir. À ce propos, et la Méditerranée le démontre fort bien, le monde de l’humanitaire est – et sera – de plus en plus concerné par les conséquences du réchauffement climatique (impacts sociaux, sanitaires et territoriaux).

Le modèle de développement qui prévaut depuis le XIXe siècle montre nécessairement ses limites. L’humanitaire ne peut plus se contenter de gérer les crises humaines, sans que l’on ait à l’esprit l’avenir de la planète. Tout suggère qu’on articule plus que jamais humanitaire et prise en compte du réchauffement climatique, urgence et nature même du développement afin de préserver la planète, et au-delà, l’avenir des hommes.

L’étude des populations et les scénarios d’évolution élaborés par les démographes pointent les risques que cela suscite et indiquent les zones et les problématiques sur lesquelles intervenir à terme. C’est en tout cas ce que montre l’étude de la région méditerranéenne, quand on a à l’esprit les enjeux suscités par son positionnement géographique, à cheval entre le nord et le sud. S’il faut prendre en compte la démographie comme un indicateur ou une piste de réflexion pour le monde de l’humanitaire, c’est donc bien à partir de ce qu’elle suggère. Tant que nous ne changerons pas de modèle de développement, des retournements potentiels, mais aussi des risques et crises pourraient se multiplier. La problématique des vulnérabilités ne peut plus se réduire à une lecture autrefois commode, celle des déséquilibres nord-sud, qui venaient justifier bien souvent la présence impérieuse de l’humanitaire, là-bas, plus qu’ici.

BiographieEmmanuel Matteudi

Professeur des universités, directeur du master « Transition des métropoles et coopération en Méditerranée » à l’Institut d’urbanisme et d’aménagement d’Aix-Marseille (AMU) et chercheur au LIEU (Laboratoire interdisciplinaire Environnement et Urbanisme – EA 889). Spécialiste des questions de pauvreté et d’inégalités dans les pays en développement, principalement en Afrique, il est impliqué dans des travaux de recherche et d’expertise depuis plus de 20 ans pour le compte d’administrations centrales, de collectivités locales, d’organismes de recherche, d’ONG et d’agences des Nations unies. Il est auteur d’un livre qui a obtenu le prix Turgot de la francophonie en 2013 : Le Développement local en Afrique ou comment repenser la pauvreté et vient de publier The Social Question in the Global World, aux éditions Cambridge Scholars Publishing avec Ewa Bogalska-Martin.

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ISBN de l’article (HTML) : 978-2-37704-584-6

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1. United Nations, Department of Economic and Social Affairs, “World Population Prospects 2019 Highlights”, 2019, https://population.un.org/wpp/Publications/Files/WPP2019_Highlights.pdf
2. La « transition démographique » désigne « le passage d’un régime traditionnel où la fécondité et la mortalité sont élevées et s’équilibrent à peu près, à un régime où la natalité et la mortalité sont faibles et s’équilibrent également » (INED : https://www.ined.fr/fr/lexique/transition-demographique). Observée dans la plupart des pays, mais avec des décalages dans le temps, elle a donné naissance à la théorie du même nom qui permet d’imaginer l’évolution de la population mondiale à court, moyen et long terme.
3. Cahier thématique du groupe de travail « Mer et littoral » du GREC-PACA, « La mer et le littoral de Provence-Alpes Côte d’Azur face au changement climatique », AIR, mai 2017. Rapport sur le développement durable de la Méditerranée, Sénat, février 2017, Assemblée nationale. ENERGIES2050 – Institut de la Méditerranée – FEMISE. « Les défis du changement climatique en Méditerranée : la Méditerranée dans le nouvel Agenda climatique international », Guides pour Agir, 2018.
4. Données EUROSTAT, 2018, sur la base des données 2016.
5. Seul le Liban a un taux inférieur au seuil de renouvellement, avec 1,7 enfant par femme.
6. Données Banque mondiale en ligne 2017.
7. Même si des nuances importantes existent, notamment entre les deux extrêmes que sont le Cap-Vert (2,3 enfants par femme) et le Niger (7,2 enfants par femme). Données Banque mondiale 2017.
8. « Migrations vers l’Europe, les chiffres et les routes », Le Monde, 28 juin 2018, https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/06/28/migrations-vers-l-europe-les-chiffres-et-les-routes_5322410_3214.htmlFrontex, l’Agence européenne des garde-frontières et garde-côtes créée par l’UE et les pays associés à l’espace Schengen en 2004 estime le nombre d’entrées illégales en Europe à 3,5 millions entre 2009 et 2018.
9. United Nations, Department of Economic and Social Affairs, “World Population Prospects…”, op. cit.
10. Source : Plan Bleu. Les grandes menaces pesant sur le bassin méditerranéen, les perspectives du Plan bleu à 2025, HL. Thibault.
11. La population des pays de la rive nord représentait 59 % de la population méditerranéenne en 1970.
12. Anouch Missirian, Wolfram Schlenker, “Asylum applications respond to temperature fluctuations”, Science, 358 (6370), 2017.