Appel à contributions pour le N°15 de Alternatives Humanitaires

Dans la perspective de son 15e numéro à paraître en novembre 2020, la revue Alternatives Humanitaires lance un appel à contributions pour son dossier qui sera consacré au thème « Covid-19 : le monde d’après » (intitulé provisoire). Ce dossier, réalisé en partenariat avec The International Humanitarian Studies Association (IHSA), formera le second volet de la thématique Covid-19 déjà abordée dans le n° 14 à paraître fin juillet 2020 sous le titre « Covid-19 : impacts dans le champ humanitaire » Si vous êtes acteur, chercheur ou observateur du milieu humanitaire international, et souhaitez soumettre un projet d’article, merci d’adresser un résumé de votre problématique et un plan provisoire (2 pages maximum) à l’adresse mail suivante avant le 13 juillet 2020 : contact@alternatives-humanitaires.org. Une réponse vous sera adressée le 22 juillet 2020 au plus tard.

La date de rendu de l’article final est fixée au 5 octobre 2020, le calibrage moyen étant aux alentours de 15 000 signes, espaces compris (soit 2 400 mots environ).

Comme pour chaque numéro, l’appel à contributions s’étend aux articles et sujets « hors-dossier » qui pourraient rejoindre les rubriques « Perspectives », « Transition », « Innovations », « Éthique », « Reportage » ou « Tribune ».

Covid-19 : le monde d’après

Copiloté par Boris Martin, rédacteur en chef et François Grünewald, membre du bureau de l’IHSA 

Nous n’en avons pas terminé avec la pandémie de la Covid-19. Après avoir tenté de gérer, avec des résultats très variables selon les continents, l’épisode durant le premier semestre 2020, le monde se trouve confronté à de très nombreuses inconnues sur lesquelles des scénarios doivent encore être écrits.

Déjà abordés dans le n° 14 de la revue Alternatives Humanitaires à paraître fin juillet, les impacts de la Covid-19 sur l’aide internationale, en ses volets humanitaires et développementaux, doivent encore être identifiés, appréhendés, anticipés. Non plus seulement dans l’immédiat de la crise, mais pour les années à venir et dans l’ensemble des contextes dans lesquels ses effets vont encore se déployer. Et pour dessiner ces perspectives, il faut aborder les questions qui conditionnent l’aide humanitaire.

D’abord, quels vont être les impacts de cette première phase de crise sur les économies, et ce à tous les niveaux : celui – micro – de l’économie des familles et de la sécurité alimentaire, plus largement de la subsistance quotidienne ; celui – méso – des échanges villes-campagnes, au rythme des multiples (dé)confinements et des fermetures de frontières jouant sur la vitalité des marchés nationaux ; enfin celui – macro – des pays et blocs de pays liés à des échanges de proximité, des solidarités régionales, comme impliqués dans la mondialisation des échanges ?

Quels seront aussi les impacts de cette situation sur le multilatéralisme qui, déjà passablement affaibli auparavant, a encore montré davantage ses fragilités ? Il est pourtant toujours aussi nécessaire de trouver des solutions à la multitude des conflits dans lesquels les acteurs de la violence ont eu des stratégies très différenciées d’instrumentalisation de la pandémie. Le monde d’après sera-t-il capable de faire face aux crises de tous ordres à venir sur la base d’une gouvernance mondiale qui a rarement été aussi vacillante, non seulement dans le domaine sanitaire mais aussi géopolitique ? Qu’attendre, notamment, de l’ONU, alors que l’OMS paie le prix fort d’une gestion critiquée de la pandémie autant que de son instrumentalisation par les grands États, au premier rang desquels les États-Unis et la Chine ?

C’est dans ce maelstrom que l’aide humanitaire, tant celle qui répond à l’urgence des crises que celle qui accompagne les populations au long cours, va devoir elle aussi trouver sa place. Entre le retour encore très limité des acteurs internationaux sur leurs terrains habituels, la nécessaire montée en puissance des acteurs locaux autonomisés de fait, et le risque d’une baisse massive des financements tant privés qu’institutionnels, comment les acteurs de l’aide verront-ils leurs rôles évoluer ? Comment la solidarité va-t-elle se repenser ? Quels seront les impacts de cette « gestion de crise » sur les systèmes de santé ? Saura-t-on remettre l’anticipation et la préparation au cœur de ces derniers ? Serons-nous prêts si, face aux vulnérabilités de nos sociétés plus que jamais mises à jour, cette pandémie devait « rebondir » ou si, sur ses décombres, d’autres catastrophes majeures devaient survenir ?