Archives de catégorie : Appel à contributions

Appel à contributions pour le N°17 d’Alternatives Humanitaires

Dans la perspective de son 17e numéro à paraître en juillet 2021, la revue Alternatives Humanitaires lance un appel à contributions pour son dossier qui sera consacré au thème dont le titre provisoire est « Recherche et humanitaire : les défis d’une collaboration ». Si vous êtes intervenant, chercheur ou observateur du milieu humanitaire international, et souhaitez soumettre un projet d’article sur ce thème, merci d’adresser un résumé de votre problématique et un plan provisoire (2 pages maximum) à l’adresse mail suivante avant le 15 février 2021 : contact@alternatives-humanitaires.org. Une réponse vous sera adressée le 1er mars 2021 au plus tard.

L’article final devra être rendu avant le 31 mai 2021, le calibrage moyen se situant aux alentours de 15 000 signes, espaces compris (soit 2 400 mots environ). Six ou sept articles environ seront retenus dans le cadre de ce dossier.

Comme pour chaque numéro, les rubriques « Perspectives », « Transitions », « Innovations », « Éthique », « Reportage » ou « Tribune » attendent également vos propositions.

Recherche et humanitaire : les défis d’une collaboration

Dossier copiloté avec Valéry Ridde, directeur de recherches à l’IRD (France) et ISED/UCAD (Sénégal) et Daouda Diouf, directeur exécutif d’Enda-Santé (Sénégal)

Malgré de notables rapprochements et des travaux communs menés ces dernières années, les acteurs de la recherche et ceux de l’humanitaire continuent encore de se regarder avec méfiance. Les premiers sont encore parfois perçus comme des donneurs de leçons, bien installés dans leur tour d’ivoire quand les seconds seraient, aux yeux des chercheurs, bien en mal de réfléchir avant d’agir. Rares sont ceux qui, pour autant, dénient les qualités respectives des uns et des autres. Chacun reconnaît aux équipes de recherche, leur rigueur méthodologique, leur connaissance des théories et leur expertise de domaines (nutrition, santé, transport, ville, etc.) et de contextes (une zone, un pays, une société, etc.) nourries au temps long de leur implication. Nul ne conteste que les intervenants humanitaires disposent d’une capacité d’action et de réaction importante, de partenaires de terrain de longue date, et d’expertise dans la gestion et le suivi des projets ainsi que des valeurs humanistes. Mais tout le problème serait dans l’alliance de ces qualités pour travailler en commun et collaborer. Cette dichotomie des compétences et des connaissances est d’autant plus caricaturale qu’elle contribue trop souvent encore à l’ignorance réciproque ou à la sous-valorisation des travaux menés en commun.

Celles et ceux qui connaissent ces deux mondes savent bien que ces visions caricaturales sont dépassées. De nombreuses personnes issues de l’un des deux mondes naviguent entre ces derniers. Beaucoup des chercheurs actuels sur l’humanitaire étaient hier volontaires ou salariés en ONG. Des partenariats entre équipes de recherches et ONG se sont révélés féconds. On a même vu des universités créer des unités pour mettre en œuvre des interventions humanitaires tandis qu’on ne compte plus les ONG créant des départements ou des fondations destinées à la recherche sur l’humanitaire. Les frontières, hier réelles ou artificiellement entretenues, sont donc bien devenues poreuses entre ces deux mondes, surtout si l’on s’attarde moins aux institutions qu’à regarder la manière dont collaborent des personnes issues de ces deux univers.

Reste que ces collaborations ne sont pas exploitées à la mesure de leurs potentialités et au-delà des préjugés qui persistent. Et de fait, l’organisation des partenariats entre les humanitaires et la recherche n’est jamais facile. Mais cette collaboration ne deviendra réellement féconde que si, au niveau des instances respectives, chacun prend conscience qu’elle permettrait d’aller au-delà de ce qui a déjà été réalisé. La recherche peut en effet donner les moyens aux intervenants de fonder leurs actions sur des théories éprouvées et des données probantes afin de maximiser leur efficacité sur le terrain. Elle peut produire des connaissances sur leurs actions pour dépasser la reddition de compte du suivi-évaluation demandé par les bailleurs de fonds et monter en généralité pour plus de partage des leçons apprises et une meilleure capitalisation des expériences. Les humanitaires peuvent être des partenaires des équipes de recherche qui souhaitent tester des interventions dont leurs travaux montrent le potentiel d’efficacité et d’équité. Ils peuvent s’impliquer dans des processus de partage des données et résultats de terrain mais aussi de plaidoyer pour changer pratiques et politiques. Mais les embuches sont nombreuses et les défis de ce partenariat complexes. Ils sont évidemment institutionnels tant les deux types d’organisations sont porteurs de cultures opposées ne facilitant pas les collaborations. Les personnes qui les composent disposent aussi de formations très différentes. Si elles ont souvent en commun un regard critique sur le monde, elles voient sa transformation à des échelles temporelles bien différentes qui ne demandent qu’à se compléter. Enfin, il ne faut pas négliger le fait que les possibilités d’influences négatives, voire de manipulations, sont aussi nombreuses, notamment lorsque l’on connaît l’importance des bailleurs de fonds dans le financement des acteurs de ces deux mondes.

C’est à cette réflexion générale sur les relations entre le monde de l’humanitaire et celui de la recherche que nous souhaitons vous convier dans le cadre de ce dossier spécial de la revue Alternatives Humanitaires. Nous souhaitons qu’il permette aux acteurs de ces deux mondes, comme à leurs observateurs, de proposer des réflexions pratiques et théoriques sur ces questions. Nous espérons notamment esquisser des réponses aux questions suivantes :

  • Quels défis dans la collaboration entre la recherche et l’humanitaire ?
  • Quels processus pour renforcer la collaboration entre la recherche et l’humanitaire ?
  • Comment mieux former les acteurs de ces deux domaines pour une meilleure collaboration ?
  • Quelles influences (positives/négatives) peuvent émerger dans ces partenariats ?
  • Comment la recherche peut collaborer avec l’humanitaire tout en gardant son indépendance et sa rigueur ?
  • Comment l’humanitaire peut collaborer avec la recherche sans subir le temps long de la production des connaissances ?
  • Comment les enjeux de pouvoir sont-ils pris en compte dans ces collaborations ?
  • Quelles spécificités des partenariats Nord/Nord, Nord/Sud, Sud/Sud ?
  • Quels sont les enjeux institutionnels et individuels de ces collaborations ?
  • Comment les influences réciproques et les liens/conflits d’intérêt sont pris en compte ?

Les articles attendus sont compris comme des partages d’expériences, des textes réflexifs permettant aux auteurs de partager des leçons de leurs expériences. Il n’est pas attendu de textes théoriques mais les auteurs doivent ancrer leurs analyses dans une démarche rigoureuse et fondée sur des données de terrain.

Appel à contributions pour le N°16 d’Alternatives Humanitaires

Dans la perspective de son 16e numéro à paraître en mars 2021, la revue Alternatives Humanitaires lance un appel à contributions pour son dossier qui sera consacré au thème « Les violences sexistes et sexuelles dans l’humanitaire ». Si vous êtes acteur, chercheur ou observateur du milieu humanitaire international, et souhaitez soumettre un projet d’article sur ce thème, merci d’adresser un résumé de votre problématique et un plan provisoire (2 pages maximum) à l’adresse mail suivante avant le 26 octobre 2020 : contact@alternatives-humanitaires.org. Une réponse vous sera adressée le 2 novembre 2020 au plus tard.

La date de rendu de l’article final est fixée au 1er février 2021, le calibrage moyen se situant aux alentours de 15 000 signes, espaces compris (soit 2 400 mots environ).

Comme pour chaque numéro, l’appel à contributions s’étend aux articles et sujets « hors-dossier » qui pourraient rejoindre les rubriques « Perspectives », « Transition », « Innovations », « Éthique », « Reportage » ou « Tribune ».

Prévention, alerte et sanctions des violences sexistes et sexuelles : où en est l’humanitaire ?

Un dossier copiloté par Jan Verlin, chercheur postdoctoral à la Chaire géopolitique du risque de l’École normale Supérieure et chercheur associé au Centre de Sociologie des Organisations (CNRS-Sciences Po)

Début 2018, « l’affaire Oxfam » – plusieurs de ses employés sont accusés d’abus sexuels commis en Haïti après le séisme de 2010 – révèle que l’humanitaire n’échappe pas au fléau des violences sexistes et sexuelles. D’autres ONG, et des organisations internationales, dévoilent à cette occasion les « comportements sexuels répréhensibles » (« sexual misconduct ») ayant pu être commis en leur sein, à l’encontre de bénéficiaires directs, de populations vulnérables ou d’autres personnels humanitaires. En association-référence au mouvement MeToo, les hashtags AidToo et ReformAid font leur apparition, devenant les bannières sous lesquelles se rangent celles et ceux qui sont décidés à révéler, combattre et sanctionner les abus sexuels commis par des personnels évoluant dans le monde de l’aide internationale. En réaction, plusieurs organisations humanitaires expliquent les dispositifs déjà mis en place ou proposent de réformer leurs procédures de recrutement, de développer les formations sur les violences sexuelles et sexistes ou de revoir les mécanismes de sanction à leur disposition.

En octobre 2019, un rapport publié par la commission du développement international du parlement britannique fait état de progrès limités réalisés parmi les ONG en matière de transparence, certaines se montrant encore réticentes à publier le nombre d’allégations d’abus sexuels qu’elles ont reçues et le résultat des enquêtes. Quelques mois plus tôt, en France, Coordination SUD et ses organisations membres ont adopté une charte par laquelle elles s’engagent à mettre en place des procédures spécifiques pour prévenir et traiter les cas d’atteinte à l’intégrité physique et psychique des personnes, en particulier les violences sexistes et sexuelles. Ces procédures incluent la transparence sur les cas avérés, des mesures internes de sanction et le signalement à la justice. D’autres plateformes d’ONG en Europe (VENRO en Allemagne, Partos aux Pays-Bas, Bond au Royaume-Uni) s’inscrivent dans cette démarche tandis que les directions générales ECHO et DEVCO de l’Union européenne demandent des assurances identiques de la part de leurs ONG partenaires.

En somme, cette « affaire Oxfam » est devenue celle du milieu de la solidarité internationale dans son ensemble, représentant à la fois un moment de dévoilement de pratiques comme d’une possible transformation du secteur. On ne négligera pas pour autant l’impact de la pandémie de Covid-19 sur cette dynamique – comme sur d’autres – et les indices de sa priorisation ou de sa minoration dans un tel contexte.

Ce dossier se propose d’étudier comment la condamnation morale des violences sexistes et sexuelles se traduit en réformes organisationnelles. Il s’agit d’établir d’abord un état des lieux des dispositifs de lutte contre le harcèlement sexuel au travail et contre les violences sexistes et sexuelles à l’encontre de bénéficiaires directs, de populations vulnérables ou d’autres personnels humanitaires.

À partir de cette perspective, des articles pourront s’inscrire dans l’un des trois axes suivants :

1/ Saisir les violences sexistes et sexuelles dans l’humanitaire

Comment ces formes de violences sont-elles définies et catégorisées par les acteurs humanitaires ? Quels faits sont associés à quel type de violence ? Entre abus, exploitation, comportement repréhensibles et sexisme, quelle perspective privilégier pour nommer ces faits et pour quelle raison ? Quels dispositifs de repérage et de comptage de ces faits ont été mis en place ? Comment et à quel moment ces instruments ont été mis en place ? Quelles sont leurs limites ?

2/ Situer les violences sexistes et sexuelles

Existe-t-il des rapports sociaux et de genre spécifiques à l’origine de ces types de violence dans l’humanitaire ? Comment peut-on les situer dans l’imbrication des rapports Nord-Sud/pays riches-pays pauvres/pays stables-pays fragiles et des rapports de genre ? Quelle est la part des dynamiques de terrain et des rapports siège et terrain dans la reproduction de ce type de violences ?

3/ Lutter contre les violences sexistes et sexuelles

Quels sont les procédures et instruments mis en place par les acteurs humanitaires pour lutter contre ces violences au sein de leurs organisations ? Quels types de sanctions sont envisagés et comment ces dernières sont mises en place ? Quels sont les défis organisationnels dans le déroulement de procédures disciplinaires ? Quelles mesures de protection sont prises pour les victimes ? Comment les organisations humanitaires sensibilisent-elles leur personnel pour la lutte contre les violences sexuelles ? Quel est le rôle de procédures de recrutement dans la prévention de telles violences ?