Archives de catégorie : Culture

Alep, de l’intérieur

Pour Sama Un film de Waad al-Kateab et Edward Watts PBS Frontline et Channel 4 Sortie nationale (France) le 9 octobre 2019 Présenté au Festival de Cannes 2019 en Sélection Officielle, Pour Sama a reçu le Prix du Meilleur documentaire Œil d’Or

Note des réalisateurs
Waad al-Kateab est une jeune femme syrienne qui vit à Alep lorsque la guerre éclate en 2011. Sous les bombardements, la vie continue. Elle filme au quotidien les pertes, les espoirs et la solidarité du peuple d’Alep. Waad et son mari médecin sont déchirés entre partir et protéger leur fille Sama ou résister pour la liberté de leur pays.

Waad al-Kateabest réalisatrice, productrice et cadreuse du film. En janvier  2016, elle a commencé à fournir des images du conflit syrien à Channel 4 pour une série de reportages intitulée Inside Aleppo. Ces vidéos sur le conflit en Syrie et sur cette crise humanitaire d’une extrême complexité ont battu des records d’audience au Royaume-Uni. Elles ont été vues près d’un demi-milliard de fois en ligne, ont été primées à vingt-quatre reprises et ont reçu notamment un Emmy Award en 2016. Waad était étudiante en marketing à l’Université d’Alep lorsque les manifestations contre le régime d’Assad ont balayé le pays en 2011. Comme plusieurs centaines de ses compatriotes syriens, elle est devenue une journaliste-citoyenne déterminée à révéler les horreurs de la guerre. Elle a appris elle-même à filmer la situation tragique des habitants d’Alep alors que les forces d’Assad combattaient les rebelles pour le contrôle de la ville. Elle est restée pendant le siège pour dénoncer les terribles pertes en vies humaines. En décembre 2016, lorsqu’elle a été évacuée d’Alep avec sa famille, elle a emporté avec elle toutes ces images recueillies au fil des années. Waad vit aujourd’hui à Londres avec son mari Hamza et ses deux filles.

Waad al-Kateab

«  Pour moi, Pour Sama n’est pas seulement un film, c’est le récit de ma vie. Comme tant d’autres activistes, j’ai commencé à filmer les manifestations syriennes sans aucun projet en tête. Je n’aurais jamais pu imaginer où cela me mènerait au fil des années. Toutes les émotions que nous avons vécues – la joie, la perte de nos proches, l’amour – et les crimes commis par le régime d’Assad contre des innocents ordinaires étaient impensables, inimaginables… Dès le début, j’ai voulu témoigner et montrer l’humanité qui subsistait autour de nous, plutôt que la mort et la destruction qui ne cessaient de faire la une des médias. En tant que femme dans un quartier conservateur d’Alep, j’ai pu voir et raconter comment les femmes et les enfants d’Alep vivaient, ce qui aurait été impossible pour un homme. Cela m’a permis de montrer le quotidien des Syriens qui essayaient malgré tout de mener une vie normale tout en luttant pour leur liberté. En même temps, j’ai continué à vivre ma propre vie. Je me suis mariée et j’ai eu un enfant. J’ai assumé tant de rôles différents : Waad la mère, Waad témoin de cette guerre, Waad la journaliste et Waad la réalisatrice. Je pense que ces différentes facettes de mon histoire font la force du film. Bien que Pour Sama retrace mon histoire et celle de ma famille, notre expérience n’est pas unique.

Des centaines de milliers de Syriens ont vécu la même chose et vivent encore dans ces conditions aujourd’hui. Le dictateur qui a commis ces crimes est toujours au pouvoir et tue encore des innocents. Notre lutte pour la justice est toujours d’actualité. J’ai ressenti une grande responsabilité envers ma ville, ses habitants et nos amis : il fallait que je raconte leur histoire afin qu’elle ne soit jamais oubliée et que personne ne puisse déformer la réalité de notre vécu. Pour moi, la réalisation de ce film a été presque aussi difficile que les années passées à Alep.

J’ai dû revivre encore et encore ces moments terribles. Heureusement, j’ai eu la chance de travailler avec une équipe formidable qui s’intéressait à moi, à mon histoire et à la Syrie. C’était le cas notamment d’Edward Watts, qui a réalisé avec moi ce film. Il a su intérioriser le fardeau que je portais en moi. Ensemble, nous avons pu puiser dans la complexité de mon vécu l’histoire que vous voyez aujourd’hui.  »

Edward Watts

«  Pour Sama est le film le plus important sur lequel j’aie jamais travaillé. Je me suis intéressé au soulèvement syrien dès son commencement, en essayant de raconter la vérité au-delà des mensonges et de la propagande. La réalité de ce qui s’est passé en Syrie s’incarne dans le courage, l’honnêteté et l’altruisme de Waad, Hamza et Sama. Ce sont des gens extraordinaires. Ils sont un exemple pour nous tous en ces temps de grand tumulte. Dans mes documentaires, j’ai toujours cherché à mettre en valeur l’humour et l’humanité que nous partageons avec des personnes vivant dans des situations désespérées aux quatre coins du monde. C’est cette vérité qui nous sauvera, pas les fausses vérités que tant de gens colportent aujourd’hui. Nous n’avons pas su nous tenir aux côtés des Syriens alors qu’ils manifestaient pour leur liberté et qu’ils étaient brutalement écrasés par le régime de Bachar al-Assad. Cela a conduit à de nombreux problèmes, notamment à la naissance de l’État Islamique, mais aussi à la poussée de l’extrême droite, à la crise des réfugiés et à la normalisation des attaques contre les populations civiles en temps de guerre. À travers l’histoire de Waad, le monde peut enfin voir ce qui s’est réellement passé, comprendre nos erreurs tragiques et, espérons-le, s’assurer que cela ne se reproduise plus jamais. C’était un honneur et un privilège de réaliser ce film avec elle.  »

Deux frères en image, un pays en héritage

Iran, rêves et dérives Reza et Manoocher Deghati Hoëbeke, octobre 2019 (published in French)

Le mot de l’éditeur
Reza et Manoocher Deghati, frères et photojournalistes ayant grandi dans l’Iran des années 1950 et contraints à l’exil au début des années 1980, dévoilent, à l’occasion du 40eanniversaire de la révolution iranienne, leurs archives exclusives de cette période. Dès 1978, Reza et Manoocher Deghati couvrent les prémices et les années de la Révolution islamique puis la prise d’otage de l’ambassade américaine de Téhéran. Leurs images sont largement reprises à l’époque dans la presse internationale : Newsweek, Times, Life ou encore Paris Match. Documentant sans relâche les émeutes, les répressions violentes, mais aussi les espoirs d’une société iranienne en pleine mutation, ils en sont les témoins privilégiés.

Leur travail donne un visage au peuple iranien meurtri par une République Islamique qui ne tient pas la promesse d’une paix tant espérée.

Célèbre photojournaliste, Rezaparcourt le monde depuis son départ d’Iran en 1981. Ses images sont diffusées dans les médias internationaux (National Geographic, Time Magazine, Newsweek, El País, Paris Match, Géo…), mais également sous forme de livres, d’expositions et de documentaires. Photographe dans l’âme depuis son adolescence, marqué par son destin d’ancien prisonnier politique lorsqu’il est étudiant, la révolution iranienne le révèle photoreporter. En parallèle, dès 1983, il s’engage pour l’éducation visuelle informelle des jeunes et des femmes à travers le monde, et crée différentes associations. Collaborateur régulier à la National Geographic Society depuis 1991 et Senior Fellow de la Fondation Ashoka, il reçoit de nombreux prix dont le World Press Photo, l’Infinity Award, ainsi que la médaille de Chevalier de l’Ordre national du Mérite.

Citoyen du monde, Manoocher Deghati a résidé dans plus de 12 pays sur 4 continents. Il a été photojournaliste pour des agences photo et des magazines internationaux tels que l’Agence France Presse, Sipa, Black Star, Times, Newsweek. Après des études de cinéma à Rome, il rentre en Iran pour témoigner de la révolution.

De 1987 à 1990, il est chef du service photo pour l’Agence France Presse en Amérique centrale. De retour au Moyen-Orient en 1990, il couvre des problèmes politiques et sociaux similaires. Blessé par un tireur d’élite israélien à Ramallah, il est transporté à Paris où il reste 18 mois à l’hôpital militaire des Invalides. En 2011, il crée le nouveau comptoir photo du Moyen-Orient pour Associated Press.Il a reçu de nombreux prix dont le World Press Photo et travaille désormais pour de grands magazines comme National Geographic. Il réside en Italie, où il mène également des workshops.

Reza a entièrement illustré le n° 8 de la revue Alternatives Humanitaires et nous a accordé une interview exclusive :
http://alternatives-humanitaires.org/fr/numero-8-juillet-2018

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l’humanitaire, sans jamais oser le demander…

Droit et pratique de l’action humanitaire Marina Eudes, Philippe Ryfman, Sandra Szurek (dir.) L.G.D.J, Collection Traités, octobre 2019 (published in French)

Le mot de l’éditeur

Comptant parmi les principales politiques publiques internationales, déployée de façon permanente sur tous les continents, l’action humanitaire vient aujourd’hui au secours de quelque 200  millions de bénéficiaires.

Le premier Sommet humanitaire mondial, sous l’égide des Nations unies, en 2016, a mis en évidence les défis auxquels elle est confrontée, comme en témoignent la dimension prise par le Mouvement Croix-Rouge/Croissant-Rouge, le foisonnement des ONG humanitaires, l’affirmation de l’humanitaire d’État et l’implication des organisations internationales.

L’action humanitaire se caractérise aussi par la pluralité, la diversité et la dispersion des normes sur lesquelles elle repose, ou qu’elle-même produit, notamment comme ordre professionnel et social spécifique, avec son éthique, son langage et comme véritable économie globalisée.

Ainsi, son intérêt scientifique propre justifie d’appréhender l’action humanitaire comme objet autonome d’analyse, à partir d’une vision globale incluant l’ensemble des circonstances dans lesquelles elle se déploie.

L’ambition de cet ouvrage – inédite dans la production scientifique et universitaire francophone – est d’en présenter le panorama le plus large et le plus complet possible en combinant – ce qui est sa seconde originalité – les ressources du droit avec celles d’autres disciplines et en associant universitaires, chercheurs et praticiens de renom. Ainsi l’ouvrage espère-t-il offrir aussi matière à réflexion sur ce qu’est l’«  écosystème humanitaire  », les interrogations que soulèvent ses choix et ses finalités – entre secours d’urgence et développement durable.

Les étudiants et chercheurs trouveront un ouvrage qui, par son envergure et son éclairage sur les pratiques, faisait défaut à la spécialité. Les praticiens disposeront d’un outil d’analyse approfondie de l’action humanitaire contemporaine.

Sous la direction de Sandra Szurek, professeur émérite de l’Université Paris Nanterre, professeur associé à l’Institut des Hautes Études Internationales (IHEI) de l’Université Paris II Panthéon-Assas, Marina Eudes, maître de conférences HDR à l’Université Paris Nanterre, membre du CEDIN, directrice du Diplôme Organisations et juridictions pénales internationales, Philippe Ryfman, professeur et chercheur associé honoraire au Département de Science Politique de la Sorbonne, Université Paris I Panthéon-Sorbonne, avocat et expert-consultant.

U-Man, une nouvelle émission radio humanitaire

Pierre-Alain Gourion est le fondateur de Bubble Art, une association pluri-culturelle lyonnaise qui a lancé « U-Man » une émission radio et vidéo sur l’action humanitaire dont l’objectif est de créer une « agora sonore ».

Alternatives Humanitaires  Pierre-Alain Gourion, aidez-nous à identifier cet objet non identifié qu’est Bubble Art: d’où vient la genèse de ce projet multiforme ?

Pierre-Alain Gourion  Bubble Art est une association que j’ai créée quand j’étais encore avocat. Après trente-cinq ans de carrière, et comme j’avais un fort intérêt pour la culture, je me suis dit qu’une structure juridique indépendante serait utile pour pouvoir éditer, écrire, faire de l’image, du son. Elle a servi d’abord à faire des expositions ou à organiser des bals de tango argentin, et puis nous nous sommes installés dans une ancienne chaudronnerie, devenue à la fois loft et scène, où nous organisons des spectacles vivants, mais aussi une activité de radio-vidéo.

A. H.  Comment votre passé d’avocat a-t-il nourrit l’expérience de Bubble Art ?

P.-A. G.  Àtravers notre émission « U-Man » consacrée à l’humanitaire, je me rends compte des éléments antérieurs qui ont nourri ce cheminement. Ces éléments sont l’intérêt pour l’international, l’intérêt pour les autres. J’ai été l’avocat du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples(MRAP) et pendant une dizaine d’années, j’ai défendu des victimes d’actes racistes et je me suis battu pour limiter les expulsions d’étrangers.Je n’ai pas été un avocat militant pour autant. Pour moi, un avocat, ne doit pas être militant, il doit garder une certaine distance par rapport à son sujet. S’il est militant, il est associé à la cause. Quand on a fait un métier pendant trente-cinq ans, on en connaît les rouages et c’est un métier qui m’a suffisamment passionné pour que j’aie pu penser continuer à le faire jusqu’à ma mort. Mais j’avais une vieille nostalgie des plateaux de cinéma – j’avais été assistant-réalisateur avant de faire mes études de droit – et le désir, aussi, de pouvoir écrire. Or, pour pouvoir écrire, il faut avoir du temps. Et donc, j’ai arrêté pour reprendre mes anciennes amours.

A.H.  Votre émission U-Man porte donc sur l’action humanitaire, pourquoi s’intéresser à ce secteur ?

P.-A. G.  Le hasard a fait que je me suis intéressé au parcours d’un ami, Benjamin Courlet, un jeune humanitaire de trente ans, qui a fait l’école 3A. Je voulais l’interviewer dans le cadre des émissions culturelles que faisait Bubble « Culture vivante ». Alors, avec Triangle génération humanitaire et Handicap International où il avait travaillé, nous avons fait une émission. De fil en aiguille, les choses se sont construites. Et c’est en faisant cette émission, que je me suis rendu compte de l’appel d’air qu’il y avait. Quand vous abordez la thématique humanitaire ou la thématique écologique, vous touchez une corde sensible. Que fait-on ensemble ? Comment être utile pour mon prochain ? Il y a aussi la conjoncture, française certes, mais communautaire, européenne et internationale, je suis très frappé de travailler avec des jeunes gens qui sont angoissés par l’avenir de leur planète !

A. H.  L’émission U-Man est disponible au format podcast, vidéo, mais aussi à l’écrit puisqu’une retranscription est disponible sur le blog que vous avez sur Médiapart. Que pouvons-nous y trouver ?

P.-A. G.  L’initiative U-Man est en effet composée d’émissions de radio, de vidéos et d’écrits. L’idée est de promouvoir des débats citoyens. Nous avons aussi développé une autre série, « Fondateurs d’humanitaire » où nous avons récemment interviewé Xavier Emmanuelli, cofondateur de Médecins Sans Frontières, mais nous envisageons aussi d’interroger des techniciens de l’humanitaire. Nous voulons également organiser des tables rondes sur des thématiques humanitaires ou écologiques et des vidéos courtes, les « Time to be » où nous interviewons un témoin qui parle directement au spectateur. Nous voulons que cette vidéo soit introductive de débats citoyens que l’on propose aux municipalités, aux métropoles et demain, je l’espère, à des pays francophones. Nous essaierons, dans un deuxième temps, d’aller aussi vers les ONG non françaises, non francophones.

A. H.  Vous avez soulevé le lien entre humanitaire et écologie, ce sera justement le thème Focus de notre numéro du mois de juillet. Quelle interaction voyez-vous entre ces deux milieux ?

P.-A. G.  Nous sommes à un moment historique, un moment de croisement de ces deux thématiques. L’histoire de l’humanitaire est une vieille histoire qui part du droit de la guerre, au XIXeavec la création de la Croix-Rouge et puis évolue dans les années 1970-1980, avec la création par les French doctors des ONG comme Médecins Sans Frontières, Médecins du Monde, etc. Les Anglais ont aussi développé leur conception de l’humanitaire différente de la conception française par une interaction plus forte avec l’État. Et puis, cette technicisation de l’activité humanitaire. Et arrivent tous les bouillonnements que l’on voit aujourd’hui sur l’écologie, l’interrogation sur le mode de croissance, sur l’idée de progrès. Nous arrivons à un moment où les deux thématiques se rejoignent, se fondent l’une dans l’autre.

Pour en savoir plus sur U-Man : https://www.bubble-art-prod.com/u-man

Mémoire d’un sans frontières

Une mémoire d’Indiens. Récit d’un médecin du monde Pierre Micheletti Préface de Jean Furtos Éditions Parole, 2018

Le mot de l’éditeur

La longue route de notre propre vie ne se dessine que lorsque nous nous retournons sur notre passé. Le jeune migrant pied-noir qui quitte l’Algérie en 1962 pour atterrir dans une ZUP de Blois ne sait alors rien de son devenir. Quelle main invisible va guider la construction de sa vie ? Quelles influences auront, dans son cheminement, la confiance de sa grand-mère, la mystérieuse injonction de son père «  Peigne-toi, tu ressembles à un Indien !  », les copains du quartier de sa jeunesse, ses professeurs ? Du jeune garçon à l’homme d’aujourd’hui, Pierre Micheletti nous fait suivre son parcours familial et mondial. Tantôt médecin de campagne, tantôt médecin humanitaire, il donne une réalité à son désir d’ailleurs et de rencontres. Ce faisant, il nous fait le cadeau de nous entraîner sur les chemins qu’il a suivis. Avec lui, nous côtoyons, comme si nous y étions, les peuples et les personnalités qui ont marqué l’histoire de son monde et du monde. De Danielle Mitterrand à Fidel Castro, du Tibet à la Guyane, des paysans de Colombie aux Palestiniens de Gaza, de sa grand-mère à son père, c’est le passionnant roman d’une vie qu’il nous offre, avec ses découvertes, ses questionnements et le sentiment profond que la seule grande valeur de la mondialisation reste la fraternité.

Pierre Micheletti rejoint Médecins du Monde dès 1987, il sera président de l’organisation de 2006 à 2009. Il enseigne depuis 2009 à l’Institut d’études politiques de Grenoble où il codirige le master «  Politiques et pratiques des organisations internationales  » et à la faculté de médecine où il dirige le diplôme «  Santé-solidarité-précarité  ». Depuis 2015, il est vice-président d’Action contre la Faim.

L’engagement social pour les nuls

L’Engagement social pour les nuls, Francis Charhon, avec Marjolaine Koch, First, 2018

Le mot de l’éditeur

Le terme «  engagement  » connaît à notre époque une grande résonance : l’humain a besoin, parfois de façon vitale, de se sentir utile. Dans une société en quête de sens où les envies d’agir des jeunes générations Y, Z et Millenials pour l’intérêt général se multiplient, où les questions pour y parvenir s’additionnent, il fallait aborder ce sujet de façon méthodique.

Médecin anesthésiste-réanimateur, Francis Charhon a été président de Médecins Sans Frontières en 1980 avant d’en être le directeur général. Il crée en 1986 le Centre de recherche en épidémiologie et santé internationale. Par la suite directeur général de la Fondation de France, il a rencontré toutes les facettes de l’engagement. Il est également membre du conseil d’orientation d’Alternatives Humanitaires.