Archives de catégorie : Numéro 8 – Juillet 2018

Sommaire – Numéro 8

 

 

Editorial

   
  D. Tan

P. Gallien

 

Les nouvelles technologies à l’épreuve de l’éthique humanitaire p. 5
Perspectives
  N. Lemay-Hébert,

A. Martel

P. Robitaille

 

Haïti : tensions entre aide humanitaire et développement dans le secteur de la santé p. 18
Focus : L’essor des nouvelles technologies : Utilité, mésusages et sens
  E. Jané,

G. Foutry

S. Sanou

 

Utilisation des outils numériques à grande échelle :

leçons d’un programme en santé mené au Burkina Faso

p. 40
  Le Roch, Dennefeld, Antoine, de Roquemaurel, Bureau et Ait-Aissa

 

Le nécessaire arbitrage entre potentialités des nouvelles technologies et utilité pour les populations p. 53
  N. A. Raymond et D. P. Scarnecchia

 

À l’ère du « numérique humanitaire », lever le voile de la nouveauté p. 64
  M. de France

N.-F. Eissen

 

Utilisation des technologies de l’information et de la communication : favoriser les bonnes pratiques p. 73
  M. Hofman

 

Drones humanitaires : des outils utiles, une image toxique p. 88
Transitions
  A. Boinet

B. Miribel

 

Les défis de la nouvelle Stratégie humanitaire française p. 102
Innovations      
  J. Alejandro

 

« L’identité numérique constitue le domaine principal dans lequel la blockchain pourrait jouer en faveur des droits humains » p. 118
Reportage
  Entretien avec

Reza

 

Un œil sur le monde p. 132
Culture
  Complètement Brax Une brève histoire de l’humanitaire p. 161
  Livres La voix du milieu p. 162
  « Dans la diversité française, je veux parler d’un humanitaire musulman »    
      À contre-courant    
      Brauman : tonton flingueur de l’humanitaire    

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La voix du milieu

 

 

 

 

La Haine qu’il faut

Paul Salvanès
Les Éditions du Toucan, 2018

 

Et pourtant cela commençait mal. D’abord on n’échappe pas – classique du genre – à l’incontournable romance entre l’humanitaire et la photographe. Heureusement, l’idylle tourne vite court, preuve qu’elle ne servait pas à grand-chose. Ensuite, on enrage contre l’éditeur qui, à force de coquilles non repérées ou de maladresses négligées, ne rend pas hommage au travail de son auteur : Paul Salvanès a du style et le talent de ne pas en abuser. Cela aurait mérité un meilleur travail de relecture. Enfin – mais c’était peut-être l’obstacle le plus important –, Salvanès s’engageait ainsi dans un genre bien plus complexe qu’il n’y paraît : pour romanesque qu’il soit, l’humanitaire donne rarement naissance à de bons romans. Il en va ainsi de tous les thèmes a priori dotés de ressorts naturels – de la guerre au sport, en passant par la politique – qui, entre des mains peu expertes, tombent à plat à force d’être investis sans imagination, au ras des pâquerettes de clichés activés à tour de bras. Et pour son premier roman, Paul Salvanès s’en sort très bien, franchissant adroitement cet obstacle majeur et reléguant au rang de pêchés véniels nos deux premières réserves.

L’histoire n’a rien d’original… et c’est une excellente chose car, ce faisant, l’auteur la situe à hauteur d’homme, au plus près de la réalité que rencontrent les ONG et des nouveaux profils qui se présentent à leurs portes. Bosco, 25 ans, fraîchement diplômé d’un Master 2 en Relations internationales, s’est engagé dans l’humanitaire. Première mission au Darfour : là, il fait ses gammes et ses preuves, trouve le « sens qui, jusque-là, manquait à la vie terne dont il s’est arraché ». Le temps d’un séjour à Paris où il rumine l’adrénaline dont il a été trop vite sevré (« Il imaginait sa vie ici, loin de l’action, comme une gare de campagne où les trains ne passent plus »), puis il repart en République démocratique du Congo. C’est à Goma qu’un assassinat d’expatrié, commis quelques mois plus tôt quand il était au Soudan, lui semble prendre une dimension nouvelle, plus inquiétante encore : un autre meurtre croise sa route. Un fétiche africain retrouvé à proximité de ces cadavres achève de convaincre Bosco qu’il tient la piste d’un tueur en série. Car Salvanès a entrepris de faire de son roman un polar et de son jeune humanitaire un enquêteur.

Et à vrai dire, on n’y croit pas tout de suite – et cela nous tient assez longtemps – parce que Bosco y croit trop vite. Mais Salvanès a aussi ce talent d’ouvrir des voies martyres qu’il dynamite une à une. Une première piste s’épuise, tout comme la deuxième, jusqu’au dénouement inattendu dont la belle maîtrise qu’en a l’auteur nous récompense de notre (im)patience incrédule.

Et en attendant ce final réussi, le lecteur avance avec plaisir dans ce roman. S’il est néophyte, il apprendra beaucoup de choses sur le milieu de l’humanitaire, ses protocoles, sa sociologie ou encore ses réunions au cours desquelles se jaugent membres d’ONG en recherche de financements et bailleurs tout puissants. S’il « en est », il trouvera là une belle source de réflexion : sur l’engagement, le renouvellement générationnel que connaît le secteur, et les désillusions qui peuvent ravager des personnalités borderline. Car si l’enfer est pavé de bonnes intentions, l’humanitaire demeure du monde de l’imparfait. Une vérité que Paul Salvanès met bien en lumière, évitant les écueils de l’héroïsation facile et de l’entre-soi. Il parvient à intéresser tous les publics et apporte un soin particulier à faire entendre aussi bien la voix du « milieu » – par l’intermédiaire de Bosco – que celle des témoins souvent silencieux : il en va ainsi de Kambale, l’enfant-soldat, symbole et miroir de logiques implacables contre lesquelles les humanitaires se révèlent impuissants.

 

Boris Martin,
rédacteur en chef

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ISBN de l’article (HTML): 978-2-37704-400-9

Un œil sur le monde

Entretien avec Reza

Reza

« Correspondant de guerre et de paix ». Cette formule qu’il affectionne s’accorde bien au regard que Reza porte sur le monde, un regard plein d’optimisme dans un océan de souffrances, l’espoir sous les gravats, l’humanité derrière la folie des hommes. Mais dévoiler ne lui suffit pas. Depuis le début de sa carrière, le reporter-photographe ne cesse de mettre son métier et sa notoriété à contribution pour résoudre des problèmes qu’il rencontre au fil de ses reportages. Sans doute parce qu’il voit un peu mieux que les autres…

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« L’identité numérique constitue le domaine principal dans lequel la blockchain pourrait jouer en faveur des droits humains »

Entretien avec Julio Alejandro • Président directeur général de Humanitarian Blockchain

J. Alejandro

Si la technologie blockchain est souvent associée au bitcoin et à d’autres cryptomonnaies, ces usages ne représentent que la partie émergée de l’iceberg. L’intérêt qu’elle suscite est motivé par les multiples emplois possibles de cette technologie dans les domaines de l’assurance, de la santé, de l’immobilier, du transport, de la musique et même du vote électoral. Mais la technologie blockchain investit également le monde de l’aide humanitaire.

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Les défis de la nouvelle Stratégie humanitaire française

Alain Boinet • Fondateur de Solidarités International

Benoît Miribel • Directeur général de la fondation Mérieux

A. Boinet

B. Miribel

Pour Alain Boinet et Benoît Miribel, la Conférence nationale humanitaire qui s’est tenue le 22 mars dernier à Paris a représenté un véritable saut qualitatif et quantitatif pour l’aide humanitaire de la France. Sa nouvelle Stratégie humanitaire était particulièrement attendue.

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Utilisation des outils numériques à grande échelle : leçons d’un programme en santé mené au Burkina Faso

Enric Jané • Terre des hommes, Switzerland

Guillaume Foutry • Terre des hommes, Burkina Faso

Simon Sanou • Ministry of Health of Burkina Faso

E. Jané

G. Foutry

S. Sanou

Le premier article de ce Focus est un retour d’expérience à partir d’un projet en santé numérique mené par Terre des hommes depuis près de huit ans. Une telle durée permet notamment aux auteurs d’avancer qu’un tel projet doit être conçu, dès le départ, à grande échelle et en coopération avec le gouvernement, qu’il doit suivre une approche itérative pour intégrer en permanence les retours des utilisateurs et qu’il doit surmonter les résistances au changement.

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Le nécessaire arbitrage entre potentialités des nouvelles technologies et utilité pour les populations

Karine Le Roch, Nicolas Dennefeld, Caroline Antoine, Melchior de Roquemaurel, Jonathan Bureau, Myriam Ait-Aissa • Action Contre la Faim

K. Le Roch

N. Dennefeld

C. Antoine

M. de Roquemaurel

K. Bureau

M. Ait-Aissa

 

 

 

 

 

La recrudescence des nouveaux outils technologiques impose aux acteurs humanitaires de prendre la mesure de leurs potentialités, de leur applicabilité et de leur intérêt pour les populations.

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