Archives de catégorie : Numéro 9 – Novembre 2018

Le futur de l’humanitaire

 Dr Randolph Kent • Director of the Futures Project, Royal United Services Institute (London)

R. Kent

Revenir sur 50 ans d’histoire pour mieux envisager l’avenir de l’humanitaire. C’est à cette gageure que s’attaque Randolph Kent, pointant les défauts structurels d’un système afin qu’il puisse faire face aux sombres défis qui, selon l’auteur, s’annoncent. Continuer la lecture

Les conséquences humanitaires d’une réaffirmation de la souveraineté de l’État

Duncan Mclean • Researcher, Médecins Sans Frontières

D. Mclean

Si la tendance est bel et bien au renforcement de la souveraineté étatique, cette notion est plus multiforme et ambivalente qu’il n’y paraît. L’auteur nous convie à prendre la mesure de son évolution, de sa complexité et de ses implications sur le travail des humanitaires. Continuer la lecture

La restructuration sans fin du monde humanitaire : une recherche inadaptée de la performance ?

Perrine Laissus-Benoist • Clersé-Lille 1-CNRS

P. Laissus-Benoist

Arlésienne entonnée au rythme de la professionnalisation, l’injonction de restructuration du monde humanitaire prend bien souvent la forme d’un reformatage selon les dogmes néolibéraux. Selon l’auteure, cette recherche de performance s’accorde mal avec la complexité de l’action humanitaire et dessert les populations concernées. Continuer la lecture

Humanitaires et peuples en errance : chronique d’une évolution
en parallèle

François Grünewald • Directeur général et scientifique du Groupe URD (Urgence-Réhabilitation-Développement)

F. Grünewald

La question des mouvements de populations ne naît pas avec le drame des réfugiés en Méditerranée. Et celui-ci ne devient « crise des migrants » que lorsque la conjonction de conflits, de catastrophes et de pauvreté rencontre l’impéritie des nations occidentales. À la faveur d’une mise en perspective historique et sémantique, François Grünewald nous rappelle que, depuis leur naissance, les humanitaires n’ont cessé d’être aux côtés de ces « damnés de la terre ». Continuer la lecture

Souveraineté responsable dans la réponse aux crises en Asie de l’Est

Oscar A.Gómez • Ritsumeikan Asia Pacific University

O. A. Gómez

Comme en écho à l’article de Duncan Mclean ouvrant ce dossier, celui d’Oscar Gómez n’en est pas le reflet. Son mérite est de décentrer le regard sur cette notion pour nous présenter de quelle manière, en Asie de l’Est et du Sud-Est, elle a traversé ce demi-siècle. Continuer la lecture

L’hybridation de l’humanitaire : des citoyens ordinaires dans les camps de migrants en France

Marjorie Gerbier-Aublanc • Docteure en sociologie

M. Gerbier-Aublanc

En 1968, des médecins français faisaient le choix de se rendre au Biafra pour aider le peuple Igbo. Plus tard, ils assistèrent les migrants en mer de Chine et ailleurs. Désormais, à côté des ONG, des citoyens ordinaires, scandalisés par le sort réservé aux migrants s’engagent ici, en France, pour répondre à cette crise. Ce faisant, ils inventent une nouvelle manière de s’engager dans l’humanitaire. Continuer la lecture

Des conjonctures critiques dans l’histoire humanitaire

Clara Egger • Chercheuse, membre du comité de rédaction et directrice du Focus de ce numéro

C. Egger

S’il est une expression qui paraît avoir été forgée pour l’étude de l’action humanitaire, c’est bien celle de « conjoncture critique » renvoyant à une série donnée d’événements qui, se combinant, marquent un tournant dans l’histoire d’une société. L’histoire de l’action humanitaire est ponctuée de telles conjonctures, les plus visibles ayant alimenté la construction d’un récit mythique des pratiques humanitaires. 1968 est de ces moments-là. Continuer la lecture

Sommaire – Numéro 9

 

Éditorial

   
  C. Egger Des conjonctures critiques dans l’histoire humanitaire p. 1
Perspectives
  M.-L. Desgrandchamps Le Biafra, au cœur des ambiguïtés de l’humanitaire postcolonial p. 8
  Entretien avec P. Micheletti et B.-G. David « C’est peu dire que l’iconographie humanitaire a changé de façon extrêmement sensible en cinquante ans » p. 20
 

Focus : 1968-2018 : Ruptures et continuités

  D. Mclean

 

Les conséquences humanitaires d’une réaffirmation de la souveraineté de l’État p. 38
  P. Laissus-Benoist

 

La restructuration sans fin du monde humanitaire : une recherche inadaptée de la performance ? p. 52
  F. Grünewald

 

Humanitaires et peuples en errance : chronique d’une évolution en parallèle p. 63
  O. Gómez

 

Souveraineté responsable dans la réponse aux crises en Asie de l’Est p. 78
  M. Gerbier- Aublanc

 

L’hybridation de l’humanitaire : des citoyens ordinaires dans les camps de migrants en France p. 90
 

Transitions

  R. Kent Le futur de l’humanitaire p. 104
 

Innovations

     
  A. Lefébure

 

L’intégration socio-économique des réfugiés passe par la reconnaissance des savoir-faire, diplômes et compétences p. 122
 

Tribune

  K. Mansour, J.-B. Richardier et A. Donini

 

L’initiative United Against Inhumanity p. 134
Culture
  Complètement Brax   p. 157
  Livres Com’passionDes vies en attentePuzzle guinéenUne vie d’humanitaireLa Syrie par ReyMossoul au temps de l’État islamiqueL’engagement social pour les nulsMémoire d’un sans frontières p. 158

Le Biafra : au cœur des ambiguïtés de l’humanitaire postcolonial

Marie-Luce Desgrandchamps • Historienne, université de Manchester et université de Genève

M.-L. Desgrandchamps

En somme, c’est là que tout a commencé : l’histoire et les légendes, les ambiguïtés et les dilemmes, les principes et leurs limites. À la faveur de son dernier ouvrage consacré au Biafra, Marie-Luce Desgrandchamps revient sur ce qui s’est joué au Nigeria il y a cinquante ans. À sa suite, Pierre Micheletti et Bruno-Georges David devisent de l’évolution des images et représentations de l’humanitaire durant ce demi-siècle. Continuer la lecture

« C’est peu dire que l’iconographie humanitaire a changé de façon extrêmement sensible en cinquante ans »

Entretien avec Pierre Micheletti et Bruno-Georges David

B.-G. David

P. Micheletti

Des images d’enfants décharnés rapportées du Biafra aux victimes du tsunami aux Célèbes (Sulawesi), l’iconographie humanitaire a-t-elle tant changé que cela ? Surtout, les représentations qu’elle contribue à façonner dans le public disent-elles ce qu’est la réalité de l’action humanitaire ou ne font-elles que la travestir pour mieux « vendre » des causes ? C’est autour de ces questions que nous avons réuni Pierre Micheletti et Bruno-Georges David pour mieux comprendre les contraintes et les dérives de la communication humanitaire.  Continuer la lecture