Archives de catégorie : Publications

Solidarités International publie Le Baromètre 2021 de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène

À l’heure où un quart de la population mondiale est menacée par un stress hydrique croissant et dans le contexte d’une crise épidémique d’ampleur inédite, Solidarités International publie en mars 2021 la 7ème édition de son Baromètre de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène. Le rapport, qui réunit différents experts tels que l’épidémiologiste Renaud Piarroux, le président du Partenariat Français pour l’Eau Jean Launay ou encore le président d’AquaFed Mamadou Dia, dresse un état des lieux de l’accès aux services d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement à travers le monde.

Pour lire le rapport en français, cliquez ici

Alternatives Humanitaires relaie ci-dessous l’appel à l’action d’Antoine Peigney, Président de Solidarités International et Alain Boinet, Fondateur de l’organisation, extrait du rapport.

Les experts de l’eau et de la santé se parlent trop peu. Et pourtant, les maladies hydriques provoquées par l’eau insalubre tuent 2,6 millions d’êtres humains chaque année ! Ces maladies sont bien connues : choléra, diarrhée, typhoïde, hépatite A, bilharziose, poliomyélite, etc.

L’eau non potable est une cause majeure de mortalité et par conséquent une urgence humanitaire, principalement dans les pays les plus pauvres victimes d’un conflit ou d’une catastrophe.

Et pourtant, l’eau et la santé constituent deux des principales priorités de l’Agenda des dix-sept Objectifs du Développement Durable (ODD 2015-2030) dont l’Objectif 6 qui prévoit un accès universel à l’eau potable et à l’assainissement dans dix ans.

Mais malgré des progrès, nous en sommes très loin comme les chiffres officiels l’attestent. Aujourd’hui, 29 % de la population mondiale n’ont pas accès à l’eau potable et 55 % à l’assainissement. De même, 1,4 milliard de personnes n’a aucune installation équipée d’eau et de savon et trois milliards ne se lavent toujours pas les mains à domicile. De plus, 80 % des eaux usées à travers la planète sont rejetés dans l’environnement sans avoir été traités.

Dans le monde, près d’un centre de santé sur quatre n’a pas accès à l’eau potable, un sur dix n’a pas accès à des services d’assainissement. La situation est encore bien pire parmi les quarante-sept pays les moins avancés puisqu’un centre sur deux n’a pas d’eau potable et trois sur cinq sont sans accès à l’assainissement. Seuls 30 % des établissements scolaires dans le monde disposaient d’un service de base d’approvisionnement en eau potable en 2019.

Un sursaut est urgent car l’eau insalubre tue et elle est un frein puissant à tout développement. L’action est à mener sur deux fronts simultanés : celui de l’action humanitaire et du développement auprès des populations vulnérables mais aussi envers les institutions pour que les politiques et les moyens indispensables soient mobilisés et mis en œuvre !

Changer de rythme et de moyens est aujourd’hui la condition de l’accès universel à l’eau potable, à l’assainissement et à la santé conformément aux engagements pris en 2015 à l’unanimité par 195 États à l’ONU.

Retrouvez également les éditions précédentes du Baromètre de l’eau sur le site de Solidarités International.

Bioforce publie L’état des lieux des métiers humanitaires 2020

Il y a un an, Bioforce lançait l’étude The State of Humanitarian Professions 2020 (SOHP) à partir d’une idée : le niveau et la qualité de l’aide humanitaire dépendent largement de la disponibilité, de la qualité et du professionnalisme de son personnel. Avec le soutien de la Direction de la Coopération Internationale de Monaco et l’appui d’un comité consultatif composé d’Humanité et Inclusion, ALNAP, PHAP, CHS Alliance, NRC, le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies et le CICR, Bioforce a depuis dressé le premier état des lieux international des métiers humanitaires.

Près de 1 000 humanitaires se sont exprimés au cours d’entretiens, d’ateliers dans dix pays, et dans une enquête à grande échelle. Ces premiers résultats ont été présentés le 17 novembre 2020 lors d’une conférence en ligne en présence de 566 professionnels humanitaires de tous les continents qui ont rejoint cet espace de réflexion et d’échange.

Toutes ces contributions ont permis d’obtenir pour la première fois des informations chiffrées, mesurées et, de fait, déterminantes autour de vingt-quatre métiers humanitaires et leur évolution, de leurs activités, des compétences qu’elles requièrent, de leur degré de professionnalisation, et plus largement autour des pratiques de recrutement et d’évolution professionnelle qui ont cours dans le secteur humanitaire.

Ce que l’étude SOHP permet de mettre en évidence :

  • L’humanitaire constitue une voie de carrière professionnelle (54 % des participants à l’étude et 79 % des participants à la conférence envisagent d’y travailler pendant au moins 10 ans).
  • Des compétences spécifiques au secteur sont nécessaires pour y réaliser un parcours professionnel (pour 82 % des participants à l’étude et 86 % des participants à la conférence).

Mais l’étude SOHP révèle également des points de vigilance : Ces compétences sont insuffisamment reconnues et vérifiées, car les processus de recrutement dans la culture humanitaire et dans les pratiques accordent une place prépondérante à l’expérience humanitaire. Ces pratiques constituent un frein à l’intégration de nouveaux entrants et à la diversité des profils, singulièrement d’acteurs nationaux à l’heure de la localisation. Elles comportent des risques de favoritisme, d’entre soi, de recrutements de « semblables », voire de népotisme ou de comportements abusifs, en l’absence de données mesurables et vérifiables. Ne pas mettre en avant ces compétences peut fragiliser la redevabilité vis-à-vis des bénéficiaires de notre aide.

La manière dont les équipes sont recrutées représente ainsi un risque pour celui qui reçoit l’aide. C’est le contraire de la professionnalisation, qui implique des parcours professionnels basés sur des compétences vérifiables, validées et reconnues par une communauté professionnelle.

Et maintenant ?

Le succès rencontré par l’étude SOHP confirme l’intérêt que le secteur humanitaire accorde aujourd’hui à ces enjeux de professionnalisation. 95 % des 566 participants à la conférence souhaitent que ce travail qu’un des experts a décrit comme « décisif et qui arrive à point nommé » soit poursuivi à l’avenir. A travers SOHP, Bioforce démontre la nécessité d’un espace collectif de consultation, de partage d’initiatives, mais surtout de coordination et de pilotage sur ces questions, avec notamment 19 recommandations à découvrir dans le rapport final.

D’un bout à l’autre de la chaine humaine que constitue l’aide humanitaire, depuis celui qui se mobilise pour apporter l’aide, à celui qui la reçoit, la professionnalisation du secteur humanitaire constituera une contribution forte au processus de localisation et la garantie d’une aide apportée par des professionnels dont les compétences sont vérifiées, validées et reconnues.

Pour lire le rapport complet en français, cliquez ici.

Programme de recherche du Groupe interacadémique pour le développement

Mobiliser les savoirs au service d’un véritable codéveloppement euro-africain

Le Groupe interacadémique pour le développement – GID – est une association internationale créée en 2007 par onze académies de l’Europe du Sud et du continent africain.

Avec l’ambition de « mobiliser les savoirs au service d’un véritable co-développement euro-africain », le GID a réussi, depuis sa création, à fédérer une communauté active de partenaires des pays d’Europe, de Méditerranée et d’Afrique, axe géostratégique d’importance croissante.

Aucun autre réseau académique ne réalise aujourd’hui la combinaison des deux composantes interacadémiques opérée par le GID, l’une géographique, étendue à une trente Académies d’Europe du Sud et de pays africains, et l’autre par les multiples domaines de compétences des Académies qui le constituent (sciences, technologies, santé, agriculture, sciences humaines et sociales…).

Cette originalité rend le GID capable d’aborder les problèmes de développement dans leur complexité, avec l’indépendance de tout intérêt partisan que lui confère son statut académique, en se présentant comme un centre de réflexion, une force de propositions et un catalyseurs d’actions.

Le GID et Alternatives Humanitaires

A lire dans le prochain numéro de la revue Alternatives Humanitaires « Covid-19 : impacts dans le champ humanitaire » (juillet 2020) l’article co-écrit par Yanick Jaffré, anthropologue, directeur de recherche émérite au CNRS (UMI 3189 Environnement, Santé, Sociétés) et directeur scientifique du GID-Santé (Groupe interacadémique pour le développement) à l’Académie des Sciences-Institut de France. Fatoumata Hane, socio-anthropologue, maître de conférences à l’Université Assane Seck de Ziguinchor (Sénégal) et chercheur à l’UMI 3189 Environnement, Santé et Sociétés. Hélène Kane, docteure en anthropologie de la santé, chercheuse associée à l’Unité mixte internationale Environnement, Santé, Sociétés (CNRS UMIESS), cheffe de projet pour la Société française de santé publique.

Les auteurs nous invitent également à découvrir les programmes de recherche ci-dessous:

Film pédagogique pour comprendre la drépanocytose affectant les enfants en Afrique

Bien qu’oubliée, la drépanocytose est une des principales pathologies affectant les enfants et les populations en Afrique. Le service où l’équipe du GID-Santé a travaillé, à l’hôpital Albert Royer à Dakar, prend en charge de façon humaine, éthique et efficace cette affection chronique et douloureuse. C’est pourquoi, il a semblé utile de décrire la façon dont ces soignants résolvaient les questions posées par l’accueil de l’enfant, ses traitements et sa vie sociale.

Ce film, destiné à toutes et tous et plus spécifiquement aux étudiants et professionnels de santé (formation initiale et continue), espère ainsi contribuer à une réflexion sur les liens entre éthique professionnelle et qualité des soins et illustrer comment mieux prendre en charge les enfants quelle que soit leur pathologie.

Film pédagogique pour comprendre et accompagner les sexualités adolescentes en Afrique

Dans le cadre du projet CORARE (Connaître son corps, réfléchir à ses choix, et améliorer les relations de genres à l’école), en collaboration avec le Ministère des Enseignements secondaire, Technique et Professionnel et la Direction de la Santé de la Mère et de l’Enfant du Bénin, financé par l’AFD, le GID-Santé a conçu un film pédagogique tourné dans un collège au Bénin pour comprendre et accompagner les sexualités des jeunes Africains.

[Pour plus d’informations cliquez ici]

10 ans d’action humanitaire française : une étude de Défis Humanitaires

Défis Humanitaires publiait en décembre dernier un rapport intitulé « Les ONG humanitaires d’urgence en France, véritable force de secours international » Une étude chiffrée passant en revue les activités des onze principales « ONG humanitaires françaises à l’international » (ACTED, Action Contre la Faim, Alima, Care France, Fédération Humanité & Inclusion, Médecins du Monde, Médecins Sans Frontières, Première Urgence Internationale, Secours Islamique France, Solidarités International et Triangle Génération Humanitaire).

Dans un article publié par Défis Humanitaires, Alain Boinet précise que l’objet de l’étude, est de « montrer […] quelles sont les capacités individuelles et collectives [que les ONG] mobilisent pour secourir les populations en danger dans les guerres et les catastrophes dans le monde. » Pour ce faire, Défis Humanitaires a collecté, pour chacune des onze associations, de 2006 à 2016, les données suivantes : le budget annuel, le nombre de pays d’intervention, la part du budget allouée aux missions humanitaires, les ressources budgétaires et les ressources humaines. Des données qui lui permettent de conclure que « les associations spécialistes de l’urgence sont une force de secours indéniable au cœur des crises humanitaires ».

Cependant, malgré une augmentation des budgets des associations réunies (passant de 458,8 millions d’euros à 1 261,2 millions d’euros) corrélée à l’augmentation de l’aide au niveau mondiale (passée de 12,3 milliards de dollars à 27 milliards de dollars), les besoins vitaux des populations ne font qu’augmenter pour être désormais estimés à 40 milliards de dollars par les Nations unies. Un chiffre qui s’explique principalement par un nombre croissant de conflits, de réfugiés et de personnes déplacées.

Pour un climat contre la faim – Action contre la Faim

Suite à la conférence que nous avons co-organisée le mardi 5 septembre avec le Fonds de la Croix-Rouge française, dans le cadre du 10ème Forum Convergences,

“Impacts du changement climatique sur la pauvreté et les crises humanitaires : quels constats et quelles propositions des organisations de la société civile ?”

nous relayons ci-dessous le papier de positionnement de Action Contre la Faim (ACF) sur le climat.

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Analyses et propositions sur l’action humanitaire dans les situations de crise et post-crise

En mars 2010, à la demande de M. Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Étrangères et Européennes, Alain BOINET et Benoît MIRIBEL ont établi le rapport intitulé “Analyses et propositions sur l’action humanitaire dans les situations de crise et post-crise”.

Ce rapport présente une analyse de la situation (contexte international, rôle des différents acteurs) ainsi que cinq grand axes de recommandations.

[Pour télécharger le rapport au format PDF, cliquez ici.]

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